La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

642 LA REVUE SOCIALISTE Fontanes, Eiffel et autres Cottu qui se vengent d'être poursmv1s pour leurs mensonges et leurs malhonnêtes maquignonnages des consciences,en dénonçant surnoisement ceux-là mêmes qu'ils ont corrompu et en faisant vendre par un Véragaude quelconque (déposition Martin devant la Commission d'enquête) des armes empoisonnées aux Duffeuille de l'orléanisme. Il est vrai que la clairvoyante et forte étude que publia sui· le Panama mon ami Gustave Rouanet, en 1889, dans trois numéros successifs de la Re une, passa inaperçue. Il n'en pouvait être autrement, la réclame panamiste battait alors son plein et tout le monde sait que la publicité financière a presque tué l'indépendance du journalisme pour tout ce qui sort de la bosse politique courante ou des injures personnelles. Mais scr1j1ta manent; Rouanet va publier en volume sous ce titre : la Vérité sw· lePanama, son étude de 1889; elle ne sera que trop d'actualité encore. D'ailleurs l'éèrivain socialiste la complètera et l'éclairera de faits nouveaux, dans une suggestive I11ll'orl1u:tion dont nos lecteurs vont pouvoir juger, car notre distingué collaborateur a bien voulu nous la communiquer et nous en insérons ci-contre d'importants extraits. Cette publication accentuera la dénégation absolue que nous devions opposer au sam exception prononcé devant la Commission d'enquête. Certes on nous a parlé d'annoncer, à nous aussi, au moment cle l'orgie de réclame, nous avons fait exception; nous ne sommes certainement pas les seuls de la presse rncialiste d'alors. Et maintenant un mot d'ordre plus général. Avec la bonne foi qui les distingue. certains partisans monarchistes s'efforcent, nous l'avons déjà indiqué, de tourner les corruptions panamistes contre la République actuelle. Quels imprudents! ils battent en brèche leur dernier rempart contre la République sociale qui,elle,mettra. fin,non seulement aux concussions et aux tripotages, mais encore à tous les privilèges parasitaires dont se prévalent ces étranges épurateurs. La forme du gouvernement n'est pas en cause dans les /crack.~ financiers, à preuYes les colossales débâcles financières qui fr.1ppaient,peu après l'Année Terrible,les places de Vienne et de Berlin, à preuves les crises plus récentes et non moins intenses de Londras et de Rome, etc. L'affaire des faux poinçons du concussionnaire en grand, le bismarhien Baar, n'est vieille que de quelques semaines, et "'celle dite des Fusilsjwfs, clans laquelle le fournisseur Lœwe est également convaincu de concussion sur les fournitures militaires, est évoquée devant les tribunaux de Berlin, qui n'ont pu parvenir à étouffer l'affaire et passionne l'Allemagne.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==