La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

CORRESPONDANCE 633 produisait encore 39.000 fr. - 1nalgré les conséquences de la guer1·e. Mais voici ·les co11,ventions, et aussitôt, période 1882-1891, les recettes kilométriques ajoutées, touchent à 6.000 fr. Oui six mille! au lieu de 39.000, au lien de 76.000, ce n'est pas le comme1·ce général qui a été réduit, car il s'élevait à 7 milliards 3 millions en 1864, et, depuis 1873, il s'est toujours élevé au-dessus de 9 milliards de francs. On dira, peut-être, que le commerce général exprimé en valeur ne saurait être comparé avec les transports, et qu'il faudrait vérifier si les quantités du commerce général n'ont pas fléchi, parce que c'est sur les quantités que se règlent les transports. Hé bien! soit. Voici l'une des rares statistiques en poids, qui aient été publiées: Commerce général 1877 : 22 millions de tonnes » > 1887 : 29 » » Les quantités transportées ont donc cru ; le prix des objets a diminué ; c'est d'ailleurs ce que constate depuis plusieurs années la commission des valeurs en douanes ; mais la réduction des prix n'a profité qu'aux accaparenrs, et non au public, gràce à l'entente criminelle intervenue entre les compagnies et les accapareurs. Sans cette entente criminelle, les recettes des six grandes compagnies qui ont été alléguées à 1101 millions pour 1891, auraient dû s'élever à 1360 millions. • Je considère que. pour une seule année, le vol commis s'élève à 260 millions I et j'évalue à 1.500 millions le total des recettes dont les compagnies ont, systématiquement, privé le fonctionnement de la garantie, depuis 1883 t Voilà pourquoi, depui 1883,la crise commerciale industrielle, et par suite sociale, n'a fait que s'aggraver chaque année. Et nunc erudimini ..... Auguste CHIRAC.

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