La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

008 LA REYUE SOCIALISTE du ministére public au procés d'Albi, elle é:tait responsable au mêmEItitre que les dix prév~nus. Décidés à tenter les derniers efforts pour arri v"'r ii une solution favorable sur ce point décisif, nous revîmes encore M. Loubet a midi. à quatre heures et à sept heures. Dans la seconde de ses entrevues, i\I. le président du Conseil nous indiqua une solution qui consisterait i,. n"' mettre dans la sentence que la réintégration des deux condamnés déjà libérés et le droit pour l'arbitre de statuer ultérieurement sur les autres. 'ous persistâmes jusqu'au dernier moment à réclamer !.t réintégration de tous les ouvriers comme la condition nécessaire d'une solution satisfaisante. Pendant toutes nos né~ociations nous n·avons cessé d'insister sur l'importance ,·itale du conflit. Nous avons fait ressortit· les conséquences heureuses qu'au1·ait le succés de l'arbitrage pour le gouvernement de la République et les redoutai.iles périls d'un avortement. Nous avons constat.!, en recevant la réponse de l'arbitre: l· Que 110usn'avons pas satifaction sui· le premier point puisque M. Calvignac est mis d'office en congé sans attendre sa demande, et qu'on lui refuse la rentrée préalable, seule réparàtion de 111 faute de la Compagnie, constatée par l'arbitre lui-même. 2' Que nous n·avons pas satisfaction sur le second point, puisque nous n'obtenons pas la reintégration ,le tous les ouvriers. A cet égard, la decision de l'arhitre ne fait que reprodui,·e la proposition qu'il donne dans ses considérants comme celle de la Compagnie. li nous avait cependant declaré, comme nous l'avons relaté, que la Compagnie accepterait de rllprenclre quatre ou cinq des condamnés d'Albi. Luimêmtl nous affirmait avoir fait des efforts pour obtenir de la Compagnie la rne~ure de rèparation qu'il refuse. a· Que nous n'avons pas satisfaction Sür le troisième point, puisque la sentence innocente M. Humblot, que les considérants condamnent. On y lit en effot, à quelques lignes de distance, les cieux passages sui,·ants: ,, Le t·envoi de M. Calvignac ne peut ét1·ejustifié par son absence du 5 juillet au 2 août . .. Le renvoi peu après son élection d la mafrie et au Conseil d'arondissement a pu légitimement parait,·e uné atteinte po1·tee au sun,·age universel; clès lors la Compagnie a out,·epassé son d1·oit. » Et quand il s'agit ùe llf. Humblot, seul auteur du renvoi ain~i qualifié l'a1·bitre dit: u Il n·est rien allégué qui soit de nature à motiver le renvoi cle cet agent de la Compagnie. )) ' Telles sont les dé<.:isions de l'arbitre, où nous retrouvons, non le laugage que l\1. Loubet nous a tenu pendant quatre jou1·s, mais itlS prétentions de la Compagnie. Nous n'avons rien épargné pour obtenir un résultat plus conforme à la justice et à l'intérêt de la Rèpublique. Le mandat que vous nous aviez ronflé a pris fin. Nous 1·estons avec vous pou1· la défense de vos di-oils. CLÉMENCEAUi,\IiLLERANDP, ELLETAN, Voici maintenant la résolution, ensuite approuvée par les. grévistes, qui fut immédiatement prise par le Comité de la grève: Le Comité de la gréve, après avoir entendu la lecture de la sentence arbitrale faite par i\I. le préfet du Tarn et recueilli des indications et aprés en avoir délibéré, déclare qu'il y a lieu de ne pas se soumettre à la s,•ntence arbitrale, de continuer la grève, et, résolu à épuiser les moyens pacifiques et

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==