MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 60ï l • Que la question personnelle au citoyen Calvignac était relativement facile à résoudre eri raison de l'offre qu'il faisait de demander à la Compagnie sa mise en congé le jour même de sa rentrée aux ateliers; 2· que la condition première d'une bonne solution était la réintêg1·ation de tous les ouvriers sans -exception. Il était évident que les ouvriers ne pouvaient accepter l'oubli du passé en ce qui concerne M. Humblot qu'à la condition que cet oubli serait réciproque. Le samedi 22, à q•uatre heures du soir, nous nous sommes rendus auprès de l'arbitre et nous lui avons expose ce qui précède avec une franchise complète. Non seulement M. Loubet ne nous a fait aucune objection, mais encore il nous a déclaré qu'il ferait tous ses efforts auprés des repré~entants Je la Compagnie pour fai1·e accepter cette condition de bonne grâce. Le soir même, il nous invitait à mander M. Calvignac à. Paris et, dès le lendemain, le maire de Carmaux se rendait chez M. le président du Conseil. Une demi-heure après son départ, nous étions réunis de nouveau àans le <:abinet de M. Loubet et nous discutions avec lui les questions se rapportaut à la mise en congé de M. Calvignac. Nous faisons ressortir de nou,·eau l'importance décisive de la question de réintégration de tous les ouvriers. Nous observions pour la seconde fois que les ouvriers condamnés par tribunal d'Albi devraient rentrer à l'atelier quand ils auraient purgé leur peine. Nous répondîmes d'avance à. l'argument qu'on ferait peut-être valoir que la Co1npagnie ne pouvait reprendre des hommes ayant un casier judiciaire, en mettant sous les yeux de l'arbitre de non,breux précédenls. Pas plus que Ja veille, aucune objection ne nous fut faite par i\1. Loubet, qui garda la. même attitude. Le lendemain, lundi matin 24, dans une nouvelle entrevue, l\I. le président du Conseil nous déclara que la CompagnitJ accepterait officie!lement la réintégration de tous les ouvriers. Nous lui lîmes observer que sa mission ne consistait pas à nous transmettre les volontés de la Compagnie, dont les résistances prévues ne pouvaient l'empêcher de rendre une décision sm· ce point <:apital. M. le président du Conseil paraissait clésirer une garantie que M. Calvignac demanderait dés le premier jour sa mise en congé. Nous lui offrîmes d'obtenir une lettre où cet engagement serait pris pour le cas où la solution adoptée le justifierait. Cette lettre fut écrite et signée par M. Calvignac le jour même. Nous la laissâmes le lendemain entre les mains de M. le président du Conseil, qui nous l'a restituée après la sentence. Voici le texte de la lettre : « Monsieur le Président du Conseil, « J'ai l'honneur de vous informer que, le jour même de ma rentrée aux ateliers, je demaaderai ma mise en congé à la Compagnie des mines de Carmaux. 11 Agréez, etc. 11 CALVIGNAC n M. Loubet, qui devait nous revoir dans la journée ne put nous recevoir que le lendemain, mardi 25, à huit heures et demie du matin. Il nous dit que la Compagnie accepterait de faire rentrer quatre ou cinq des condamnés d'Albi, mais qu'elle se refusait à les reprendre tous. Nous insistâmes alors avec la plus grande énergie pour que satisfaction fut donnée au légitime sentiu,ent de solidarité des ouvriers. Le 15 aoùt, c'est la population tout entière de Carmaux qui avait envahi en menaçant le parc et la maison du direoteùr. D'après le langage même
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