La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

588 LA REVUE SOCIALISTE quelques malentendus, si enfin il a réussi à gagner quelques adhérents de plus à la sainte cause de la rénovation sociale, dont il voudrait pacifique et grnduel le tdomphe qui est proche, peut-être, inéluctable à coup sùr. Reconnaître ce caractère palingénésique de la situation mentale, politique, économique actuelle, et favoriser la transition, c'est acte de p:·évoyance sociale; c'est aussi acte de haute moralité. Parties intégt·antes d'une Humanité qui approche de sa majorité, et qui, bientôt, saura et voudra pleinement jouir du pouvoir qui est sien, d'adoucir, <lans le rayonnement de son action, la cruelle, mais partiellement modifiable nature des choses, et de faire régner la solidal'ité et le bonheut· parmi ses membres; atomes conscients de ce monde social en formation, qu~l plus noble usage pourrions-nous faire de la vie que de la consacrer à l'extinction du mal moral et social, à l'extirpation de l'injustice et à la suppression de toutes les souffrances évitables. En ce temps de somb1·es conflits, de douloureuses fins et de laborieuses genèses, participer au bon combat des naissants altruismes, des enthousiasmes humanitaires contre les vieilles rapacités, contre les persistantes cruautés est encore, pour tous ceux qui ont de la justice dans la conscience et de la pitié dans le cœu1·, la seule vie qui soit digne digne d'être vécue. Paris, 25 août 1892. B. .MAL0:--1.

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