LA LIMITATION DES HEURES DE TRAVAIL EN BELGIQUE 577 duire davantage et mieux en neuf ou dix heures, qu'en douze, treize, quatoJ.Vie t davantage. La journée de travail dans l'industrie textile, varie actuellement de 11 à 14 heures (travail effectif). Pour nous rendre compte des conséquences de ce régime, au point de vue de la production, nous prendrons l'exemple que nous aYons eu récemment sous les yeux. La fabrique de la société Oudin, dont nous venons de parler, occupe environ cinq cents ouvriers. Les installations, au point de vue hygiénique et technique ne laissent absolument rien à désirer: les moteurs atteignent - au dire du personnel - le maximum d'accélération possible sans diminuer la qualité des produits ou activer outre mesure la détél'ioration du matériel. La main d'œuvre est réduite au minimum, et consiste, pour la très grande majorité des ouvriers, en un simple travail ùe surveillance. Il semble donc, qu'à ce degré d'automatisation, la production doive être invariable, heure pour heure, quelque soit la longueur de la journée. Cependant, on a constaté récemment que l'on produisait plus en 12 heures qu'en 13, et l'un des ingénieurs tombait d'accord avec ses ouvriers pour dire que l'on pourrait descendre jusqu'à dix heures, sans que la production soit nuisiblement affectée. Si cela est vrai dans les conditions que nous venons de décrire, n'est-il pas évident qu'il en sera de même, à fortiori, dans les établissements ou l'accélération ùes moteurs, le perfectionnement de l'outillage sont encore possibles, et où le travail manuel joue un rôle plus considérable. Si la fatigue de l'ouvrier comme simple .~111·1•t 1illa nt de machines rend inutile la prolongation de la journée au-delà de dix heures, qu'est-ce à dire dans le cas où il doit faire une plus grande dépense de force musculaire ? N'est-il pas possible de prévoir, à p1·io1·i, les conséquences économiques de l'intervention légale, que l'on peut du reste étudier dans les pays où la réglementation existe déjà. IV CONSÉQUENCES DES LOIS DE FABRIQUE. Dans l'appréciation des résultats obtenus à l'étranger, il faut se garder de deux écueils : déclarer sur la foi de témoignages douteux que les lois de fabrique n'existent que sur 1~papier, ou leur attribuer la vertu magique de transformer radicalement, dans un sens favorable aux ouvriers, les conditions de travail qui existent à un moment donné de l'évolution industrielle. 37
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