La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA LIMITATION DES HEURES DE TRAVAIL EN BELGIQUE 575 « beaucoup de nos mines réside dans la lenteur apportée à l'éva- « cuation du charbon produit par l'ouvrier à veine dans les cou- « ches en plateures ; il perd souvent un temps considérable à « attendre qu'il soit débarrassé de son charbon, ce qui n'arrive « guère dans les exploitations en dressant, grâce aux cheminées « d'évacuation. Il importe essentiellement que le transport des << produits se fasse rapidement et régulièrement, et que la char- « bon produit dans les chantiers soit enlevé au fur et~ mesure de « l'abatage.Dès lors, les voies doivent être établies en conséquence « et être parfaitement entretenues ; le chemin de fer souterrain « doit être établi solidement, de manière à éviter les déraille- « ments si fréquents; le service du transport doit être assuré par « un matériel bien approprié et par un personnel suffisamment « nombreux et convenablement choisi. On obtiendra ainsi un effet « utile plus élevé, tout en réduisant la durée du séjour dans les « mines de l'ouvrier à veine et du personnel sclauneur. )) Cette seule citation, corroborée d'ailleurs par d'autres témoignage, suffit à démontrer que dans notre industrie charbonnière, la durée de travail, surtout pour les travaux accessoires, ne dépend pas seulement des couches, mais de l'énergie des ouvriers et de l'organisation plus ou moins parfaite des divers services. Le seul argument que l'on puisse tirer des différences qui existent dans les conditions d'e gisement, c'est qu'il faut procéder aux réductions légales avec beaucoup de prudence, fixer un maximum assez élevé et laisser le surplus à l'initiative des Conseils de l'industrie et du trav'ail. C. -Industries manufactnrières. On peut diviser les industries manufacturières en trois catég01:iesd'après les procédés dominants dans chacune d'elles : Industrie Domestique, Industrie Manufacturière proprement dite et Industrie de Fabrique. . 1° Dans !'Industrie Domestique, réduite la plupart du temps à n'être plus qu'un département externe de la fabrique, la durée du travail est en général excessive. C'est ainsi par exemple que, dans l'industrie du vêtement, les horreurs du sweating system, à Bruxelles et dans les autres grandes villes, ne le cèdent en rien à celles qui~t été constatées à Londres~ Malheureusement,la réglementation u travail en chambre se heurte à des difficultés telles qu'il n'oo guère possible d'espérer qu'elle soit efficace. Aussi, les associations d'ouvriers tailleurs mettent-elles tout leur espoir dans une transformation complète ·de leur industrie. Le point principal du programme de leur Fédération c'est 1~suppression du travail en ch1mbre et son remplacement par le travail à l'atelier. '

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