La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

• 574. LA REVUE SOCIALISTE rences très considérables pour les ouvriers ùe la surface et les ouvriers du fond qui se livrent à des travaux accessoires, les oscillations autour de la moyenne n'on pas une aussi grande amplitude pour les ouvriers à veine. Il importe donc - ce que n'a pas fait M. Janson - de distinguer entre ces deux catégories d'ouvriers. 1° En ce qui concerne d'abord les ouvriers à veine, le rapport de 1\1.Sabatier fournit des renseignements extrêmement intéressants sur les conséquences des compagnies de Charleroi, de la réduction de la journée à dix heures de travail qui fut opéré à la suite de la grève de 1889 : « Il est à remarquer tout d'abord, djt-il, « que la réduction ne porte pas entièrement sur le travail effectif. << Il résulte, en effet, des renseignements fournis par la direction « du charbonnage de Monceau-Fontaine, que l'on est parvenu à « climil;rner d'une heure le temps de la descente et de la remonte. « Le travail effectif n'est donc, en réalité, diminué que d'une demi <c heure clans ce charbonnage, et il paraît évident que le même <c résultat pourraît être obtenu ailleurs. >) • cc Or, il est certain que l'ouvrier à veine peut sans peine, en y <c mettant <lela bonne volonté, abattre la même quantité Je char- <c bon, bien que travaillant une demi-heure et même une heure en <c moins. :Nous en avons la preuve dans les relevés insérés dans <c la note de la direction générale des mines. Il en résulte que << l'effet utile pendant le-premier semestre de 1890, n'a pas diminué « comparativement à celui que l'on obtenait en 1889, avant le com- <c promis, si l'on prend la production dans son ensemble, et qu'il « a même augmenté dans plusieurs charbonnages. )) En présence de ces contestations, il paraît certain que l'honorable M. Sabatier, qui reconnait explicitement que la réduction des heures de travail est possible dans tous les bassins (Rapp. p. 4:ü), s'oppose it l'intervention du législateur pour des motifs purement théoriques. La solution qui nous semble devoir s'imposer, pour les ouvriers à veine, c'est l'adoption du projet Janson, complété par le Droit accordé aux Conseils de l'industrie d'abaisser la durée du travail au-dessous du maximum lég~. 2° En ce qui concerne les autres catégories d'ouvriers, les nécessités de l'exploitation exigent incontestablement que leur travail se prolonge au-delà de celui que fournissent les ouvriers à veine. Mais il est non moins certain que, dans le plus grand nombre des mines, c'est la mauvaise organisation des services qui les oblige à faire des journées de treize, de quatorze et de quinze heures. C'est ce que déclare en termes exprès, 1\1. le directeur génér,tl des mines, clans la note qui se trouve jointe au rapport de M. Sabatier : cc L'un des défauts s:üllants de l'organisation du travail dans

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