560 LA REVUE SOCIALISTE traitant de la question sociale tout-à-fait suivant son cœur. Voilà quelques-unes des plus belles paroles qui sortirent de la bouche <le ce repu : « Il n'y a, pas de c1·iseen cemoment, je ne le crois pas du tout ... « Je n'y r;roispas pow· ma pa,rt, ù ce monvement oiwrier; je suis sûr que les ouvriers - je parle en général - sont très satisfaits de leur sort, qu'ils ne se plaignent pas du tout et qu'ils ne s'occupent pas de ce qu'on appelle le socfolisme. Certes, il y a des meneurs qui tâchent de faire le plus de bruit possible autour de leurs personnes, mais ces gens-là n'ont aucune prise, aucune influence sur les ouvriers honnêtes, raisonnables et travailleurs. Car il faut distinguer entre les bons et les mauvais ouvriers ! « Ainsi, il est absolument faux, par exemple, que les bons ou,riers demandent la journée de huit de heures ; ceux qui la demandent ce sont les paresseux et les incapables ; ils se tiennent ce raisonnement : << Travailler dix heures ou douze heures par jour, d'abord c'est fatiguant, et puis, il y en a qui sont moins paresseux et plus adroits que nous, qui produisent davantage dans le même espace de temps et qui, par conséquent gagnent davantage ; tâchons do les forcer à travailler moins, notre intérêt et notre paresse ne pourront qu'y gagner! » C'est bien cela! Mais les autres, pères de famille sérieux et rangés, n'entendent pas du tout qu'on les empêche de travailler le temps qu'ils jugent utile à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. « Mais quand même, admettons qu'on les force tous à ne tra- -ailler que huit heures! Savez-vous ce qu'ils feront, la majorité? Eh bien ! ils iront boire ! ils iront davantage au cabaret, voilà tout!» Et le Baron de Rothschild a dit aussi : « Il !J a, des gens plus riches, il y a, desgens moins riches, l'OltÙ follf .1 J> Je ne répondrai pas un mot à de pareilles idées: le dédain dont j'ai le droit de les couvrir ici, en sera une meilleure réfutation que l'argumentation la plus forte. Car ce n'est pas par quelques traits d'encre jetés sur du papier qu'on répond àde telles paroles: c'est par des actes! Et les actes viendront: la revanche que les prolébires ont à tirer de la sérénité de jouisseur absolument scandaleuse qu'a affichée Rothschild, cette revanche légitime ne peut manquer d'avoir son jour! Qui met en doute les changements sociaux qui pointent à l'horizon ? La révolution sera violente ou légale, voilà tout; mais, en tout cas, qu'elle s'établisse par les balles, ou qu'elle soit fondée par le code, ce n'est pas impunément qu'un homme, auquel les lois conservent des millions, s'est donné le droit de considérer,
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