La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

558 LA REVUE SOCIALISTE LESOCIALISEMTESESDÉTRACTEURS A PROPOS DES RÉCENTES INTERVIEWS DU FIGARO La bourgeoisie s'occupe à sa façon de socialisme : elle fait ùes frais de reportage pour connaître les idées des socialistes. Depuis un an ou deux, les journaux du boulevard sont pleins de la prose de socialistes interviewés. Voilà le Figaro qui, ces temps-ci encore, s'est longuement occupé de la question sociale. Mais le Figctro ne s'y est pas pris comme les autres journaux. Ceux-ci avaient fait spécialement questionner des socialistes et les socialistes avaient infailliblement répondu que la société bourgeoise touchait à sa fin. Mais c'était en réalité peu séduisant pour les bourgeois de lire sans cesse des promesses de mort prochaine pour eux et leur société. Aussi, le Fi,qw·o a-t-il eu une idée ingénieuse: il a bien fait interviewer encore, par coutume, des socialistes, mais il a commencé par faire interviewer un bon nombre de capitalistes et des plus importants : Rotchschild, Schneider, Christophle, etc. ; et les capitalistes ont infailliblement répondu qu'ils se portaient fort bien eux et leur société. Les bourgeois et les capitalistes peuvent donc maintenant ' vivre à l'aise et se réjouir. Quant à moi, lorsqu'un des articles du Figaro me tombe sous la main, je me réjouis aussi, mais pour tout autres raisons que les bourgeois et les capitalistes. Je me réjouis de voir, dans les capiblistes interviewés, ùe simples fanfaronR, au lieu de gens bien armés. Ces capitalistes ont certainement bien souvent parlé,comme tout le monde, dans leur vie habituelle, de la révolution sociale

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