La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 53 l'AHociatio11 !nter11atio11a/edes Travaille11rs. lis dcclarent que cette association internationale, ainsi que to~tes les socictés ou individus y adhérant, reconnaitront comme -devant être la base de leur conduite envers les hommes: la vérité, la morale, la justice, sans distinction dç couleur, de croyance ou de nationalité. « lis considèrent comme un devoir de réclamer pour tous les droits d'homme et de citoyen : 'Pas de devoirs sa11sdroits, pas de droits sa11sdevoirs. << Article Premier: - Une association est établie pour trouver un point central de c_ommunication et coopération entre les ouvriers de differents pays aspirant au même . but, savoir : le concours mutuel, le progrès et le complet dffranchissement de la classe ouvrière... >> Le principal r~dacteur des Considérants fut Karl Marx qui pourtant avait dû subir la collaboration des mutuellistes parisiens ; de là l'invocation à la Vérité, a la Morale, à la Justice, toutes réminiscences du socialisme idéaliste français, et de là aussi le fait à remarquer que ce n'est pas la théorie de Marx qui prédomina dans 1'/11temafio11ale. • Dans les premier et deuxième Congrès (Genève 1866, et Lausanne 1867), ce fut le mutuellisme français qui l'emporta et le jeune et éminent prolétaire qui, dans les troisième et quatrième Congrès (Bruxelles 1868, -et Bâle 1869', fit triompher le collectivisme, n'était pas un adepte de l'école socialiste allemande.César De Paepe avait passé par le mutuellisme de Proudhon et un peu par le positivisme de Comte. Les écrits de Colins -contribuèrent beaucoup aussi à l'amener au collectivisme, et c'est p::>Urquoiil préconisa tout d'abord la socialisation de _laterre. C'est dans ce sens qüe votèrent les congrès de Hruxelles et de. Bâle dont les décisions constituent (en y ajoutant une décision ultérieure sur les Servicespublics) le testament doctrinal de l'/11ternafio11ale. Nous devons les reproduire malgré leur longueur ! << Considérant que les nécessités de la production el !"application des connaissances ~gronomiques réclament une culture faite en grand par l'Etat régénéré et soumis luimème à la loi de justice ; que les carrières, houillères, chemins de fer, soient concedés par la société, non à des compagnies ouvrières, et cc moyennant un double contrat : J.'un donnant l'investiture à la compagnie ouvrière et garantis•ant à la ~ociété l'exploitation scientifique et rationnelle de la concession, les services au plus proche du prix de revient, les droits de vérifier les comptes de la compagnie, et, par conséquent, l'impossibilité de la reconstitution du monopole ; l'autre garantissant les droits mutuels -<ie chaque membre de l'association ouvrière vis-à-vis de ses collègues. 1' La propriétë foncière est abolie ; le sol appartient à la collectivité ; il est inaliénable; 2• Les cultivateurs fermiers payeront à l'Etat la rente qu'ils payaient aux propriétaires ; cette rente tiendra lieu d'intérêts et servira au payement des services publics, tels qu'instruction, assurances, etc . .3" Comme mesure transitoire, il est convenu que les petits propriétaires qui exploitent leur terre par leur travail personnel pourront rester leur vie durant possesseurs ,de cette terre sans payer de fermage; à leur décès, l'impôt foncier de leurs terres sera majoré au prorata de la vente des autres /terres de même valeur, et sera par consequent transformé en rente foncière. Dès lors, l'impôt foncier sera aboli pour ses terres, comme .Il l'est dejà pour celles qui paient la rente : 4• Les baux seront à vie pour les cultivateurs individuels ; ils seront du terme de ... lour les,associations ag~ic?_les (un terme plus élevé que la moyenne de la vie) ;

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