5-10 LA REVUE SOCIALISTE système clos t 1·11sts. Quoiqu'il en soit sur ce dernier point,la marche ascendante clu Prolétariat est évidente. Les concessions même qu'on lui fait dans une esprit conservateur sont des positions conquise.·, dont il se servira contre l'ennemi. Si on ne cède pas à temps, il emportera la place de haute lutte. Nous avons voulu signaler à nos lecteurs et à nos amis une aussi remarquable publication et, à cette occasion affi.rmer l'estime toute particulière et la sympathie profonde qui unissent les socialistes français an P,lrti Ouvrier Belge., Ces échanges de viriles amitiés internationales entre tous les combattants de la civilisation future nous sont un réconfort en ce moment, au moment où sur notre frontière du Nord (premiers jours d'octobre 1892) des malheureux en viennent aux mains au lieu de s'unir contre l'oppresseur commun; au moment où Liebknecht prêchant à Marseille la bonne doctrine de la Paix universelle et de l'oubli des haines nationales est accablé d'injures (1) par les journaux do la bourgeoisie (réactionnaires, opportunistes et radicaux) qui, des deux côtés du Rhin, tiennent boutique d'un même patriotisme de caporal. A. DELON. (l) La Ilessihne Mo,·gen Zeitung du 28 septembre p1·oteste énergiquement contre le langage que M. Liebknecht a tenu au Congrès de Marseille, langage qui lui parait constituer le crimç de haute t1·ahiso11.Elle conclut en ces termes : « Quand nous voyons un Allemand protester en Fl'ance cont1·e la << gut!l'l'e qui nous a donné la plus splendide conquête de notre histoire, « l'unité de l'empit'e. c'est là un crime de haute trahison qui ne saurait « éti·e trop rigoureusement châtié. Si la manifestation cle sentiments aussi « antipatl'iotiques demew·e imrJunie, les ennemis de la patrie relèveront la « tète avec une audace croissante. » La Post de Berlin, de son côté, dit que !II. Liebknecht a eu parfaitement raison de dérla1·er que le gouvernement français n'a pas songé â l'expulser. « Ce serait, ajoute la Post, le comble de l'ingratitude de la part d'un gouver- « nement fran<;ais que d'expulse1· un orateur qui parle en ces termes de « l'Alsace-Lorraine. Voilà qui serait tout nouveau dans l'histoire de la France. « De dëux choses l'une : Ou bien le chef du parti socialiste allemand ne sait plus ce qu'il dit; ou bien son discours dégagé de toutes les circonlocutions signifiait: « Si vous voule;;- l'Alsace et la Lon·aine, ne vous gêne:: pas. Le parti qui est numériquement le plus fo1·t en Allemagne est pr·èt à vou;- f,·ayer 1no1·alement la route en renouvellant sa solennelle p1·otestation contre l'annexion de l'A/s(),Ce-Loi-raine à l'Allemagne. » (Justice• lei· octvbre 1892.)
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==