PHYSIOLOGIE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES 5;3!) teurs des coopératives appartiennent aux industries de luxe. Malgré l'égoïsme corporatif, condition tout d'abord défavo,·able, c'est dans les-·couches supérieures du Prolétariat que se répandent le plus promptement les idées de régénération et de transformation économique. Les malheureux que dégrade le sweating-system sont trop déprimés pour concevoir J'eux-mêmes des pensées de dignité personnelle et d'émancipation sociale. Les associations professionnelles nous conduisent an collectivisme par plusieurs moyen~ différents. La coopération Je consommation et de production détruit peu à peu la petite bourgeoisie et substitue le mode collectif de production et d'échange au mode individualiste. Dans cet ordre d'idées, il serait utopique de parler d'expropriation. Au contraire dans la grande industrie centralisée, l'expropriation collectiviste est praticable et logique. Cette opération éminemment doui1ourem~eusese fera brusquement, ou peu à peu. Brusquement, c'est la Révolution sociale, suffisamment justifiée par la résistance trop souvent aveugle de la bourgeoisie a-umouvement d'émancipation des classes inférieuras; Ou peu à peu, par le développement des institutions patronales, telles que le Familistère de Guise, les conseils de conciliation et d'arbitrage, les chambres d'explication qui fonctionnent aux mines de Mariemont et de Bascoup, la participation aux bénéfices. Tous ces empiètements sur l'autorité et sur les gains patronaux sont de précieux avantages conquis presque toujours au moyen d'une forte organisation syndicale avec laquelle on préfère ne pas entrer en lutte. Les chefs d'industrie s'imaginent que ces concessions faites avec opportunité consolident plutôt le régime capitaliste. Erreur. C'est le régime constitutionnel substitué au pouvoir absolu. Et, au bout du régime constitutionnel, nous savons qu'on trouve souvent la République. Dans les deux cas, l'agent essentiel de toute évolution, c'ast l'association corporative fortement organisée, habituant ses adhérents à la discipline, à l'ordre, au selj-gouue1·nement, aux affaires. C'est elle qui, le lendemain d'une Révolution, se verra chargée de mettre en œuvre l'immense outillage industriel et commercial d'une nation. Que de qualités ne fauùra-t-il pas pour réussir dans une besogne aussi délicate ! Chaque forme de groupement est donc une école précieuse où se prépare l'avenir. Le prolétariat ne supplantera la bourgeoisie que lorsqu'il sera devenu apte à la remplacer dans son rôle de directrice de la production. Vandervelde croit du reste que cette grande transformation est proche en Amérique, à cause de la très grande puissance de la classe ouvrière organisée et de l'extrême concentra~ion des entreprises par le
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