PHYSIOLOGIE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES 533 est impliqué dans le procès, injustement condamné. L'association se dissout peu à peu. A peine abattue, l'organisation ouvrière renaît encore. Pendant.que les patrons constituent une caisse de résistanc_e et organisent un ca1·tel pour unifier la production et la vente, un nouveau syndicat est fondé en 188!),auquel des adhésions toujours plus nombreuses vont donner une grande puissance. Les verriers ont eu l'initiative d'une création nouvelle et bien intéressante, croyons-nous, au point de vue de l'évolution économique de l'avenir : c\lst la Fédération professionnelle intern:itionale des Verriers.Le cosmopolitisme des souffleurs qui vont où est le travail,« le taux élevé des salaires qui leur permet de supporter sans « trop de peine, les frais de délégation; enfin et surtout la con- « centration excessive des centres d'exploitation• >> expliquent suffisamment le succès d'une telle entreprise. La Fédération comprenait (au moment où écrivait Vandervelde en 18!)1) les Anglais, les Belges, les Français du Nord et de la Loire et les Américains. IV. - FÉDÉRATION DU PARTI OUVRIER. Le quatrième mode et le plus récent de l'Association professionnelle consiste dans les Fédérations du Parti Ouvrier. Chacune d'elles comprend essentiellement comme pivot et comme centre une coopérative de consommation, autour de laquelle se grouperont des sociétés de secours mutuels, des Chambres syndicales, des cercles politiques, des groupes de propagande et d'acti9n socialistes. Il existe autant de Fédérations qu'il y a de régions industrielles dans le pays. La' Fédération Bruxelloise comprend le cigariers, les marbriers et les tailleur~ de pierres, les sculpteurs sur bois, les menuisiers et ébénistes, les tailleurs, les cordonniers, les doreurs, les relieurs, les métallurgistes. Il existe, en outre, la grande Fédération des mineurs, la Fédération gantoise (industrie linière et cotonnière) la Fédération verviétoise (industrie lainière). Nous trouvons à Bruxelles l'Union des Cigariers. L'invention -desmoules à cigares a dépossédé ces artisans habiles, dont la -dextérité est devenue inutile. Ici comme dans la plupart des cas le développement de l'industrie mécanique a accru les chômages. « Je crains, disait un industriel Anversois lors d'une enquête, <c que dans l'article tabac et cigares l'introduction des machines « ne réduise le nombre des ouvriers dans la proportion de dix à « deux. >> Par l'effet du bon marché, la consommation a augmenté :
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