La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LE SOCIALISME A L'UNIVERSITÉ DE BRUXELLES 525 quand les collectivités des travailleurs exploitent <les capitaux communs, tap.tôt en mode collectiviste, par l'incorporation définitive du sol et des capitaux au domaine public, tantôt en modf 1rn·:xte, par la combinaison de la propriété individuelle et de la propriété collective, par l'élimination de quelques-uns des droits dont la propriété individuelle est la synthèse. Ainsi donc, dans ce domaine, comme dans tous les autres, ce qui caractérise le socialisme, c'est qu'il oppose aux principes absolus <le ceux qui tiennent pour immuables les institutions dont ils profitent, l'affirmation que tout se transforme, dans la société comme dans la nature, que tout est soumis à la grande loi de !'Evolution. L'esprit impartial qui suivra le mouvement des écoles, se convaincra qu'à travers tous ses tâtonnements et ses audaces, le Socialisme est dans son ensemble un effort persistant pour constituer une véritable dynamique sociale, une théorie du progrès. Ceci répond déjà à ceux qui prétendent qu'il est dans l'essvnce des théories socialistes de poursuivre la solution brusque du problème de la propriété par l'action impérative de l'Etat. Mais ce qui est plus frappant encore c'est que, par sa nature même, le Socialisme es~ réfractaire aux coups d'autorité. Si révolutionnaire que puisse être un marxiste, il ne peut concevoir l'expropriation des capitalistes que dans les industries où la concentration des capitaux s'est opérée. Donc, pour que le collectivisme intégral puisse s'établir, brnsquement, et par la force, il faudrait évidemment qua ce mouvement de concentration soit universel et simultané. Or, M. Schreffle se charge de nous apprendre que le plus grand nombre des industries restent aux mains des petits ou moyens producteurs et que la concentration capitaliste ne s'observe pas dans l'agriculture en Allemagne. Les tendances révolutionnaires de certains groupes socialistes ne tiennent clone pas, bien au contraire, au fond même de leurs doctrines, mais à des impatiences que la misère des uns et l'idéalisme des autres, suffisent à c-xpliquer. Je n'ignore pas, dit le socialiste anglais Hyndman-, que certaines personnes supposent que nos arrangements bourgeois actuels devraient être totalement détruits et que d'autres y devraient succéder instantanément. Mais quelque succès que puisse avoir une révolution, il est certain que le genre humain ne peut changer de nature d'un seul coup. Brisez la vieille enveloppe, mais n'oubliez jamais que les nouvelles formes sociales doivent se développer au sein de l'ancienne. Protéger l'éclosion de ces formes nouvelles, discipliner l'idéal par des expérimentations rigoureuses,s'efforcer par tous les moyens possibles de le faire pénétrer partiellement dans la réalité, tel

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