520 LA REVUE SOCIALISTE vengeance sur tous les membres de la famille. Lepers, adjoint au mai1e de Roubaix, est flanqué à la porte, ait1si que ses deux filles qui travaillaient dans • une filature de Tourcoing ... Les grandes compagnies jouent gros jeu. La reprise par l'Etat des chemins de fer et des mines n'est plus qu'une question de temps. C'est ainsi que pendant que M. Tolain réclamait à la tribune du Sénat, la nomination par le gouvernement des directeurs de toutes les exploitations de mine ou de chemins de fer, on distribuait à la Chambre le texte d'une proposition de résolution concernant l'exploitation des mines et signée de MM. Barodet, Pelletau, Dumay, Maret, Mathé, Millerand, Mesureur, Jacques, Calvinhac. Voici le texte de l'exposé des motifs: La loi du 21 avril 1810sur le~ mines a créé un monopole monstrueux. De très nombrtJuscs et très grosses fortunes ont tité édifiées sur la misèrd des ouvriers mineurs traités comme ues serfa. C'est une véritable reconstitution de la foodalité, sous une forme nouvelle, non moins impitoyable et plus dure. Nous peusons que cette situation, si grosse de conflits, sans cesse renaissants, et de danger pour l'ordre social, doit cesser. Ne sont-il donc pas dignes de toute notre sollicitude, ces hommes intrépides, condamnés au travail, à l'insalubrité et aux ri8ques de mort foudroyante des galeries souterraines? Ne méritent-ils pas un meilleu1· sort, ceux dont le produit alimente toutes les autres industries et sans lequel la société serait comme frappée de paralysie? Représentants du peuple et républicains, nous avons le devoir de nous inspirer des grands principes de la Révolution française : le droit, l'égalité, la justice, et de ne faire que des lois qui tenuent au bonheur commun. Le droit, la justice sont imprescriptibles. C'est au nom de ces principes, d'une si éclatante évidence, que les anciens droits feoda1.oxont été supprimés et que le~ nouveaux doivent l'être; - que la propriété de l'homme r~ r l'homme, l'esclavage, a été abolie et que l'exploitation de l'homme par l'homme, ce nou,·el esclavage, médiocrement tempé1·è par le salaire, doit l'être; - enfin, que la propriéLé individuelle est exprop1·iée journellement pour cause d'utilité publique. En <'onsequence, Messieurs, nous avons l'honneur de proposer à la Chambre l'adoption de la résolution suivante: PROPOSITION I,E RÉSOLUTION Article unique. - La Chambre, au nom de la justice et dans un intérêt d'ordre so~ial, invite le gouvernement à présenter, dans le plus bref délai possible, un projet de loi ayant pour hut de faire passer progressivement l'exploitation des mines aux mains des compagnies ouvriéres de mineurs et d'en déterminer lls conditions. D'autre part la discussion sur le renouvellement du privilège de la Banque de France est ajournée et les municipalités socialistes cherchent les moyens de transformer les monopoles de leurs cit(:srespectives (gaz, traction, etc.) en services urbains. Le règne des monopoleurs est à sa période descendante et d'importantes réalisations socialistes sont prochaines. Bon gré malgré, la bourgeoisie dirigeante sera obligée à sacrifier de plus en plus au socialisme d'Etat, préface du socialisme collectiviste. Ainsi le veulent les nécessités sociales contemporaines auxquelles on peut bien appliquer l'antique définition des destinées : Valenti ducunt, nolenti trahunt. B. MALON.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==