LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 473 cc Chaque 3:nnée, dit M. Dubois, nos établissements pénitence tiaires rendent à la liberté plus de 300.000 détenus, dont la moi- « tié ne tarde pas à revenir en prison et le nombre des récidistes « qui n'était que de 47 % en ·1874, s'est élevé à 71 % en 1888 ». cc La tribu des vagabonds et des malfaiteurs d'habitude va « s'accroissant. De 1851 à 1855 on comptait en France 51.000 réci- <c divistes; en 1878, 70.000 ; en 1888 leur nombre dépasse !l-!.000.>> Dans la plupart <les pays qui ont appliqué d'une façon plus ou moins rigoureuse le système de l'emprisonnement cellulaire, on constate une diminution de la récidiYe et de la criminalité, tandis qu'en France la moyenne annuelle ne fait qu'augmenter. cc En Suède, le nombre des détenus qui était au 31 décembre cc 1837 de 4.974 soit 1 pour 608 habitants, s'est abaissé en 1877 ~t cc 4.titi4 soit 1 sur 1.005 habitants ». Pour la Prusse, la grande et la petite criminalité diminuent également d'après les tableaux reproduits par M. Dubois. En Hollande la diminution de la récidive est considérable. En Belgique. la récidive en 1884 n'était que de 45 % par rapport. au chiffre des condamnés tan<lis que trente ans auparavant elle s'élevait à G5 %. Espérons que des faits aussi encourageants amèneront bientôt une réforme semblable de notre régime pénitentiaire. Nous ne signalons que pour mémoire seulement l'excellent rapport de M. Guillemet, député, fait au nom de la Commission chargée d'examiner les propositions de la loi relatives à l'abolition des octrois. (Annexes, Chambre des députés. - Session ordinaire de 18!)2, pages 815 à 857, n° 2.056). Ceux de nos lecteurs que ce sujet intéresse trouveront dans ce remarquable travail une étude complète de la question, en même temps que des renseignements très détaillés au sujet des taxes de remplacement substituées aux octrois dans la plupart des pays civilisés. Il y a notamment un exposé des législations étrangères relatives à l'impôt sur le revenu, ce fameux impôt démocratique, que les monarchies voisines appliquent chez elles, pendant que la France de la Grande Révolution livrée à une bourgeoisie incapable et mauvaise, recule devant toute velléité réformatrice. Le sort des femmes employées dans l'industrie et qui, récemment accouchées sont obligées par la misère de reprendre prématurément leur place à l'atelier, a ému de tout temps non seulement les socialistes mais aussi les gens d'opinions diverses en qui le culte du Dieu Capital n'a pas complètement détruit tout esprit d'humanité. Les Chambres Françaises commencent enfin, apràs l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse qui ont depuis longtemps appliqué chez elles des mesures protectrices de la vie des mères et de8 enfants, à s'occuper d'une aussi urgent~ question. Par respect pour le r-agime capitalistique, qui réclame à grands cris la liberté la
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==