LUNDIS SOCIALISTES 457 ,, Personne n'ignore le brigrandage qui se fait sous le couvert de la fondation de so•ciétés par actions. Rien n'~st plus éhonté ni plus criminel. C'est un des symptômes les plus tristes de la démoralisation publique. " Ce qu'étaient autrefois dans les temps les plus reculés du moyen-âge les grandes compagnies d'aventuriers et de brigands qui rançonnaient les marchands ou pillaient les campagnes, les sociétés par action le sont aujourd'hui, non pas toutes, sans doute, mais beau- {:0up d'entre elle, avec plus de sécurité, plus d'impunité, plus de loisir et plus de jouissance que leurs fondateurs et leurs directeurs. C'est une organisation soumise et méthodique du pillage » (Leroy-Beaulieu dans l'Economistefrançais du 2 juillet 1881). Ainsi parle u_nthuriféraire de l'ordre capitaliste que l'on ne saurait taxer de sévérité à l'égard des spéculateurs. Et le fléau envahit tout, lassant du travail, décourageant de la probité, bouleversant les situations, déroutant la classe moyenne, pau-• périsant le prolétariat, aiguisant les rapacités, corrodant les consciences, -déprimant les âmes, semant partout l'iniquité, la guerre et la misère. Les meilleurs esprits s'en affligent et s'en épouvantent, mais comment réagir, car réagir est une nécessité urgente. Les choses n'en étaient pas encore à ce point, quand Proudhon écrivit dans son &anuel du spéculateur à la 'Bourse. " Il n'y a plus à reculer, il faut que cette situation ait une issue et jl n'y en a que deux possibles ; ou le triomphe du système, c'est-à-dire l'expropriation en grand du pays, la concentration des ca'pitaux du travail sous toutes ses formes, l'aliénation de la personnalité, du libre .arbitre des citoyens au profit d'une poignée de croupiers insatiables - ou la liquidation. » • En sériant ainsi 1815, 1830, 1848, 1852, 1870, on peut dire qu'à chaque époque l'agiotage s'est accru en proportion géométrique. On peut continuer la série en considéra nt l'agiotage actuel comme le doublement géométrique de l'agiotage du second empire qui parut l'ultima Tublé, la réalisation suprême de la démoralisation financière. Il n'en était rien et d'autres surprises nous étaient réservées, le fléau sévit sur les deux mondes et il croît dans des proportions dont quelques chiffres donneront une idée pour l'Europe. De 1875 à 1884 le total des émissions nouvelles s'est élevé à plus de 42 milliards pour l'Europe; depuis, l'accroissement par année a toujours été de 6 milliards. Les dettes publiques ont largement contribué à la progression vertigineuse. M. de Reden a calculé, qu'en 1850, les dettes gouvernementales s'élevaient à 46 milliards; d'après M. Maurice Block, elles atteignaient le total respectable de 64 milliards en 1879 ; en 1881, elles se totali- • saient, nous a appris M. Mailhal par le chiffre effr.ayant de 120 miL
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