La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

4.54 LA RÉVUE SOCIALISTE l'industrie et du commerce, admises à présenter des projets qui seraient publiquement discutés ; 4° Par l'institution d'un grand conseil arbitral élu moitié par les. syndicats ouvriers, moitié par les syndicats patronaux et les chambres du commerce, (la présidence appartenant à un délégué du Ministère du Travail) conseil arbitral qui se prononcerait sur tous les différents économiques à lui soumis par les parties intéressées ; 5° Réorganisation de l'enseignement agricole, industriel et commercial. Une heureuse transformation du travail résulterait sans conteste d'un tel ensemble de mesures. Néanmoins étant donné surtout les. répercussions du marché étranger sur le marché français, l'ère des. crises ne serait pas entièrement close, et il y aurait encore pour bien des professions des temps de chômage total, tout au moins de fortes. répressions dans la demande du travail. Comment y pourvoir, comment fournir du travail au grand nombre de ceux, qui, momentanément désoccupés, réclameraient. Deux moyens se présenteraient: Ouvrir des ateliers sociaux et forcer la production, ou bien mettre en activité les chantiers des travaux publics en instance. Le premier procédé ne pourrait être entrepris que très en grand et nécessiterait une révolution économique complète sous peine de n'être qu'un expédient fort imparfait qui atténuerait peut-être la crise, mais la prolongerait. Voyons le second procédé appliqué à la France. Actuellement les travaux publics sont votés au jour le jour par deux Chambres politiques rivales plus soucieuses, en ces sortes de choses, des petits intérêts électoraux que de l'utilité commune, et d'ailleurs déployés le plus souvent par des spéculateurs, qui; sous le masque de certains intérêts régionaux, stérilisent les plus fécondei initiatives. Dans le nouveau système, les grands travaux d'utilité générale 5eraient simplement sériés par rang d'urgence et on laisserait au Ministère du travail (ou aux communes en certains cas) le soin de l'exécution, étant entendu que ces travaux sont destinés surtout à parer aux époques de crises. Dans cette hypothèse, le Ministère du Travail qui, par les bénéfices résultant de sa gestion de manufactures de l'Etat, tabacs, alcools, poudres et explosifs, allumettes, poste et télégraphe, etc., etc., disposerait déjà d'un budget de plus d'un milliard, on emploierait la plus grande partie dans le sens indiqué plus haut aux grands travaux d'utilité générale ayant pour but l'amélioration du sol et le perfectionnement de l'outillage, ce qui constituerait un véritable accroissement du capi tal productif.

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