402 LA REVUE SOCIALISTE étude, bien d'autres cas où le libre jeu des lois économiques aura été plus ou moins entravé· par l'action de Trades Unions. Ainsi l'organisation Trade Unioniste constitue bien de toute façon, en Angleterre, une force faisant échec à l'organisation de la société capitaliste et lui étant directement opposée. Et ce qui donne it l'organisation Trade Unioniste sa force réelle, c'est le caractère ouvrier dont elle est empreinte au plus haut degré. Nous avons déjà dit au commencement de notre étude, qu'il fallait être ouvrier pour faire partie d'une Trade Union. Les 'l'rades Unions ont été constituées par <les ouvriers, faites pour les ouY-riers; elles sont de même dirigées par les ouvriers. Et étant <lessociétés véritablement ouvrières, les Trades Unions constituent une masse extraordinairement compacte, quoiqu'elles soient par elles-mêmes des sociétés différentes : les ouvriers se retrouvent en elles tous organisés contre les patrons. Ils ont là un lien supérieur qui fait passer au second rang une foule de questions superficielles : questions pei·sonnclles, rivalités de leaders, ambitions diYerses. Les individus se disputant, les lfaders voulant se supplanter, les ambitieux en quête d'influence, tout cela existe clans les Trades Unions, mais tout cela n'affecte pas la grande masse anonyme qui poursuit la victoire ouvrière à l'aide de l'organisation Trade unioniste : cette grande masse anonyme est possédée du désir de vaincre par l'organisation,elle est prête à congédier ceux qui ne songaraient qu'à leur victoire personnelle! Il faut travailler, dans les TrJ.des Unions, il faut travailler en vue des avantages et des buts précis que les ouvriers ont à atteindre. Les lPaders, chez soi, peuYent bien songer autant qu'ils le veulent à leurs rivalités personnelles, mais la grande organisation ouv-rière n'en reste pas moins là, tenant rassemblés, en une masse d'hommes qui montent Yers le bien-être, les ouvriers désireux avant tout d'utiliser leurs Trades Unions. Au sein des sociétés ouvrières il s'agit que les personnalités fassent abstraction d'elles-mêmes. Tout le monde doit se mettre au travail commun; le rôle des leadn·s n'est pas de se hisser sur un piéde:-;tal, mais de se conformer aux besoins de l'organisation ouvrière. Tout le monde, encore une fois, doit travailler dans les Trades Unions, et doit travailler en vue de faits précis et purement ouvriers. Là est la grande force que les Trades Unions donnent aux ouvriers anglais, la est le secret du puissant mouvement qu'elles dirigent contre les capitalistes. Et en Angleterre, quan<l certains hommes qui ne sont pas eux-mêmes ouv-rier.;;veulent servir la cause de la classe ouvrière, ils doivent le fairJ avac une grande notion delil besoins que les
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