L'ASSOCIATION OUVRIÈRE ET L'Ul'iïOÜS~IE ANGLAIS 401 En outre, dans la plupart des métiers, les patrons ont chi. permettre que le travail cessât le samedi dès une heure,de sorte que les ouvriers ajoutent toute l'après-midi du samedi à leur repos du dimanche. Tout cela a été obtenu directement par les Trades Unions. Et comme un niveau qui monte à mesure que l'autre s'abaisse, les salaires ont augmenté quand les ouvriers ont fait diminuer le temps de travail qui leur était imposé. C'est par de grandes grèves, une action vigoureusement concertée et le plus souvent solidaire, que les Trades Unions ont rapporté aux ouvriers la plupart des avant~ges que nous venons de signaler. Certes les Trades Unions n'ont pas réussi chaque fois qu'elles voulaient conquérir des avantages: souvent les grèves ont échoué entraînant la ruine des Trades Unions qui les avaient entreprises et quelquefois leur disparition momentanée. Mais les Trades Unionistes n'acceptaient de pareilles défaites qu'apr~s une résist1nce formidable. Et les patrons victorieux sortaient de la lutte avec de sérieuses pertes pécuniaires, et la plupart du temps avec un matériel fortement endommagé, par le long temps du chômage. Aussi ces mêmE>spatrons étaient-ils plus circonspects une autre fois, avant de laisser les ouYriers déclarer la grève. Et plus les Tndes Unions deviendront fortes et organisées, plus les patrons se montrJront coulants et disposés à certaines concessions, afin d'éviter la grève. Sans cloute alo1'S les Trades Unions ne toucheront à leurs fonds de grèves que dans les occasions tout à fait importantes, quand par exemple la lutte contre les capitalistes pourra s'accomplir au moyen d'une grande action générale. Mais ce n'est pas seulement par la résistance violente dans les gràves que les Trades Unions combattent les patrons et livrent des assauts au régime capitaliste ; elles ont un autre moyen d'empêcher les capitalistes d'abaisser les salaires autant qu'ils le voudraient et d'accroître les intérêts de leur argent: je veux parler des fonds de chômage que les Trades Unions consacrent à soutenir leurs membres sans travail. Les Trades Unions donnent à leurs san.c;travail 10, 12 ou 15 francs par semaine. Ils peuv,:mt ainsi subsister un certain temps sans avilir le taux des s1laires. Ils ne vont pas, pressés par l'aiguillon du besoin, offrir aux patrons leur travail à n'importe quel prix. Ils peuvent souvent attendre le moment où, la production devenant plus active, ils retrouveront un salaire moyen. Ainsi par une tactique toute pacifique, et par le simple usage d'une de leurs institutions, les Traùes Unions empêchent les patrons de réduire les salaires et d'accroître leurs intérêts autant que l'exigerait le développement normal du capital. Et JJ.OUS verrons, au cours de cette 26
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