398 LA REVUE SOCIALISTE pour nous tous ouvriers; vous ne pouvez donc vous laisser aller à viv:re seulement dans l'attente de secours mutuels ou de pensions de retraite. )) En effet,depuis que les nouvelles unions sont apparues avec de nouveaux désirs de lutte, on a vu renaître une réelle activité parmi les Trades Unions. Les sociétés qui représentaient la génération âgée des 'frades Unions ayant trop songé au repos, une jeune génération s'est levée et est venue donner à la première un renouveau d'entraînement. 'foutefois les nouveaux nnion?°sffs restent à l'avant-garde des Trades-Unions, tandis ttue les vieu.i.· préfèrent souvent composer l'arrière-garde et même y traîner. Mais tout cela n'est-il pas inévitable? N'est-il pas naturel que parmi des sociétés qui ont atteint un développement aussi considérable que les Trades Unions. une partie d'entre elles se montrât peu à peu conservatrice ? Celles qui étaient allées de l'avant les premières, les vieilles nnions, devaient paraître reculer au bout d'un certain temps, laissant cette fois les nonvelles 'ltnions prendre sur elles de l'avance : c'est la marche même du progrès, de la vie, du developpement des choses. D'ailleurs le nouvel unionisme, en faisant naître des Trades Unions très fortement empreintes de socialisme, a ouvert la voie aux autras unions pour entrer dans le socialisme. Lui qui se tient à l'aYant-garcle de l'armée Trade unioniste, montre, en étant socialiste, ce que sera plus tard le gros de l'armée. En effet, puisque les Trades Unions servent aux ouvriers pour s'affranchir du joug des capitalistes, comment n'adopteraient-elles pas le socialisme, qui seul peut procurer un affranchissement complet à la classe ouvrière ? Elles l'adopteront peu à peu. Bien des fois déjit, elles ont été socialistes sans le swoir, dans leurs luttes conke les capiblis~es et dans les moyens qu'elles employaient. Il faut remarquer en outre que ce n'est pas seulement dans les 1wuvPlles wiions qu'il y a des socialistes avérés: bien des leadera Trade Unionistes, membras des vieilles unions, sont franchement passés au socialisme. Les vieilles unions prennent donc part en réalité au mouvement socialiste qui se dessine dans le l'rade unionisme. Et elles ne peuvent qu'y prendre part davantagJ. Les Trades unions ont certes besoin d'un socialisme ti-.:ispratique, car elles se trouvent tous les jours aux prises aYec les réalités de l'organisation appliquée. Mais à mesure qu'elles avanceront dans les conquêtes ouvrières et socialistes, leur socialisme s'étendra, embrassant des désirs de plus en plus vastes de la classe ouvritire. Les Tracles Unions suivront donc: la voie conquérante qui se pose devant les ouvriers. De cette fac;on les différences, qui existent pour le moment entre le vieil et le nouvel unionisme iront en s'effaçant.
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