L'ASSOCIATION ouvR;ÈRE ET L'UNIONISME ANGLAIS 397 Certes,jusqu'alors, les Trades Unions avaient fait du socialisme en pratique et eri fait, en tant qu'elles luttaient contre les capitalistes, mais leur socialisme n'allait pas plus loin, elles n'avaient aucune idée socialiste et ne s'appuyaient sur aucun principe socialiste. Avec le nouvel nnionisme et ses idées de résistance contre les conventions socialistes,et les mœurs respectables des vieilles unions, tout cela change. Ce sont bien cette fois des idées et des principes qui s'introduisent dans les Trades Unions. Le 110w·el urâo1âsme proclame en premier lieu que la lutte entreprise par les Trades unionistes contre les capitalistes est une lutte de classes. Et dans la classe ouvrière même, le nouvel unionisme n'admet aucune des démarcations qu'avait laissées s'introduire le vieil um·onisme: il embrasse tous les ouvriers dans une même communauté. Il veut être en un mot un évangile de fraternité, tandis que le vieil wn·onisme a dégénéré parfois, pour certaines Trades Unions, en un livre de caisse au service des ruem bres de leur société particulière. Les nouYeaux unionistes ne veulent donc plus représenter des intérêts égoïstes, particularistes, conventionnels, mais bien les vrais intérêts de la classe ouvrière. Ils considèrent les Trades Unions comme cleYant lutter pour les grandes conquêtes ouvrières, ils sont en un mot des 11,·ade wiio11-istessocialistes. On comprendra maintenant combien au fond les no1wecw.r • wiionistes sont craints par ceux-là même qui, clans le public, leur dénient leurs titres : on les sent prêts à armer toute la classe ouvrière. On sent bien que derrière leurs sociétés particulières, sont tous les ouvriers, a ,·ec les besoins et les désirs de leur classe. Il n'y a plus dans les nouvelles unions d'intérêts purement privés: les nouueœu.r unionistes joignent à leurs intérêts particuliers de grands intérêts de classe. Et ainsi ils réagissent, en socialistes, contre le rôle de sociétés privées, ou tout au moins trop retranchées en elles-mêmes, que les vieilles unions s'étaient laissé aller à pre.ndre, en s'adonnant presqu'uniquement à l'administration de leurs caisses de retraite, de secours, etc. Certes, c'est un fait peu ordinaire que des sociétés ouvrières spécialement destinées à lutter contre les capitalistes se soient répandues sur toute la surface d'un pays, en organisations serrées comme l'ont fait les Trades Unions en Angleterre. Nulle part, il n'y a d'organisations si prospères, si nombreuses, si fortement établies pour diriger l'assaut du travail contre le capital. Et de pareilles organisations oublieraient-elles leur rôle véritable ? Non, elles ne l'oubliel-ont pas, car les nouvelles unions sont arrivées à point pour ranimer le Trade unionisme : « Vos unions ont été formées, disent les nouveaux unionistes aux vieux, pour résister à l'exploitation des capitalistes. La lutte est absolument nécessaire
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