La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

L'ASSOCIATION OUVRIÈRE ET L'UNIONIS~IE ANGLAIS 385 L'ASSOCIATION OUVRIÈRE ETL'UNIONISAMNEGLAIS < 1 > En face des grands capitaux employés à la production, l'ouvrier se trouve aujourd'hui dans une situation essentiellement critique : le capitaliste, qui est le libre détenteur de ces capitaux, ne les engage que pour en tirer un intérêt: l'ouvrier, au contraire, est forcé, par le souci du pain quotidien, de prendre du travail; il n'a pas de ressources antérieures, tandis que le capitaliste en possède. La situation est donc absolument inégale entre ces deux hommes : l'un est enchaîné par le besoin, l'autre a les moyens d'existence assurés. Aussi l'ouvrier, pour aYoir du tranil, doit-il passer par les conditions du capitaliste ; et la principale condition de ce dernier est de payer son ouvrier le moins cher possible. Cela est forcé, étant donnée la concurrence qui règne entre les capitalistes. Ainsi donc, salarié obligé d'aliéner son travail afin de subsister, entrepreneur abaissant les salaires jusqu'à la dernière limite afin de réaliser un profit, tels sont les rapports d'individu à individu qui président au soi-disant contrat que forment entre eux le travailleur et le capitaliste, dans l'office de la production. Mais les choses n'en restent pas là, car l'ouvrier et le capitaliste ne sont pas seuls demeurés en présence. A la force matérielle que donne au capitaliste le hasard d'être né avec de l'argent, l'ou- ( l) Une indisposition clc notre rédacteur en chef nous prive cette fois du Bulletin; nos mesures sont prises pour qu'à l'avenir l'actualité du mois soit toujours traitée sous cette rubrique, soit par le rédacteur en chef, soit par un de nos collaborateurs, dans la Revue Socialiste. LA RÉDACTION. 25

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==