REVUE DES LIVRES 3i9 inscription, 21,000 adhérents s'étaient fait porter snr les registres; cc chiffre est bien dépassé depuis. Les classes ont lieu le soir. On enseigne l'allemand, le calcul, la comptabilité, le dessin, l'histpire, l'histoire naturelle, l'économie politique. li y a six établissements distribués en différents quartiers. Tout élève paye une rétribution scolaire mensuelle de 50 pfennigs, soit 0,62 centimes. Le dimanche l'école organise généralement une conférence sur une question de théorie socialiste. li existe aussi une Frei religion Gemeinde(communauté de la libre religipn) dirigée par Bruno Witle, organisée sur le modèle des <!hapellesprotestantes mais où l'on professe les doctrines de la libre-pensée. matérialiste. Il existe encore les Lise und. Discurtù-kclub et les Bildimgsv,,1·ein en grand nombre, et enfin les sociétés di\'erses. Skatlûubs Rauchklubs socialistes. Cett.e organisation appelle un rapprochement naturel, remarque M. Gersal, avec les soirées familiales des socialistes parisiens. L'éducation corporative est fort sérieuse. La séparation est abs0lue entre les ouvrier!' socialistes et les consommateurs qui ont eux au~!:.ileur organisation corporative; on reconnait d'ailleurs la nuance politique au titre. Les groupements conservateurs se dénomment: Innungen, Zunfti;ereine, titres moyen-âgeux. Les groupes socialistes s'instituleut Fachve1·eine, Geverkvei·eine, Gauvereine (syndicats ouvriers). Les Rohstoff unrf Consumvereine (sociétés de consommation. sont f,·eisennig nationaux libéraux comme leur fondateur Schulze Delistch. Beaucoup de syndicats sont ,fédérés, mais Berlin à cause des petits métiers renferme un grand nombre de syndicats locaux. Le Facheverein est à la fois une institution de défense en cas de grève, de chômage et de « Iock out i> - et une institution éducative. Le socialisme allemand est tout entier dans le JClassengefühl (sentiment de classe) Inutile de répéter ici tout ce que nos lecteu1·s connaissent sur l'extraordinaire prédominence de la théorie marxiste chez nos amis de Berlin. . M. Luc Gersal déclare, d'ailleurs, que si rien d'original n'a été produit par la doctrine socialiste allemande en ce dernier temps, la faute en est au sentiment de respect exagéré que les socialistes allemands professent pour la théorie marxiste. L'ouvrage le plus important <le l'école allem11nde contemporaine, le livre de Marx Schippel, Das moderne Etend uncl hie moderne Ubervôllœrung (La misère et la surpopulation de nos jours) n'est qu'une redite <le certains chapitres du Capital de Marx. Pourtant, il y a, à Berlin un socialisme municipal. On lutte contre l'impôt du loyer, pour la gratuité, des fournitur;:es scolaires,. pour le rachat des ser,·ices publics, ce qui est réformiste étant marxiste au premier chef. Robert BERNIER.
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