La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

REVUE DES LIVRES 37ï Vamireh, quitte la horrle, s'embarque sur le fleure et descend "ers l'Orient à travers la forêt immense. li trouve d'abord l'Homme des arbres, anthropol'.de encore rapproché de l'Homme des cavernes, qui le comprend encore, mais déjà bien déchu. Puis c'est l'Orient, avec sa plaine vaste, verdoyante et déjà cultivée Vamireh y trou\'e une jeune vierge qui lui plait et qu'il enlève. Les orientaux se lancent à la poursuite. - Et c'est une fuite à travers la forêt, des combats encore. l'alliance de Varimeh, en qui surgissent des sentiments de solidarité, avec les mangeurs de vers, une race déchue contre les orientaux et les chiens leurs allias; c'est la victoire de Vamireh, indulgent et généreux, ce sont enfin les épousailles de Vamireh et d'Elem. Et c'est surtout dans tout ce livre une glorification de l'Amou1· et de la Bonté. Quel symbole en cette scène où le Mammouth reconnaissant veille sur le sommeil de Vamireh, l'homme doux, et le protège contre les férocités animales. Et c'est encore dans ce livre comme une ironie à l'égard du monde présent qui se prétend civilisé et se trouve en réalité plus bestial et plus saurage que ce monde préhistorique. Hypothèses! Sans doute. Mais combien vraisemblables. Pas plus que nous Rosny n'admet la préexistence d'un âge d'or. li a foi en l'arenir. N'a-t-il pas raison de croire cependant que les hommes vivaient heureux, à l'aurore des civilisations. alors qu'ils ne connaissaient ni les conquérants ni les législateurs? La. Fin des Bourgeois, par Camille Lemonnier. 1 rolume. - Dentu, éditeur. - Paris. Voici, peu après le très remarquable roman de notre ami George Renard que notre collaborateur Le Lorrain a apprécié fort judicieusement une autre œuvre non moins vivante et non moins sûrement socialiste : la Fin des Bourgeois, de Camille Lemonnier. L'auteur d'U1i Mdle de Happe Chair, de Ceux de la Glébg avait, plu!> d'une fois déjà, fait preuve en ses œuvres de sympathies plébéiennes. (Uni:: nouvelle ]'Enfant du C1·apaud, entre autres, lui valut même l'honneur d'une condamnation). Mais nulle part encore, Camille Lemonnier n'arait affirmé son amour du peuple, d'une façon aussi éclatante que dans son dernier roman. C'est une réelle œuvre d'art socialiste. C'est la confirmation des espérances tant de fois déjà exprimées ici mème. c~ qu'il nous a fait bon à lire, ce qu'il nous a réconforté ce livre de Lemonnier, nous ne saurions le dire. li est crâne, oui d'abord, mais mieux il est d'une conception philosophique hautement sociale - il est précis, il est vivant, d'une foudroyante vérité. La Fin des Bourgeois c'est l'écroulement d'une classe, c'est l'agonie d'une race. Les Ranenfosse à· l'origine ont été de laborieux porions. La houillère dont ils,sont aujourd'hui les propriétaires a ~té acquise à force de labeurs,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==