La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

MOUVE:\fENT SOCIAL EN FRANCE ET AL.ÉTRANGER 363 Nous lisons en· effet dans le Pal'ti ouvrfrr : « Après avoir ainsi couvé la chaîne qui rivait les socialistes au Parti anarchiste,les délégués de deux cents organisations socialistes environ, se sont réuni le jour suivant et fondé le Parti ouvrier socialiste italien, qui, désormais, débarrassé de toute attache compromettante, pourra, en se plaçant carrément sur le terrain de la lutte de classes, aborder les problèmes sociaux, porter les travailleurs italiens, si attardés encore, au même niveau des travailleurs des autres pays, et leur donner la conscience de leurs droits et de leurs intérêts et le sentiment de la solidarité et de la discipline. « Le nouveau Congrès a abordé tout de suite les questions à l'ordre du jour, surtout celle du programme du Parti, qu'on a voté avec quelques modifications que Turati et d'autres avaient proposées. Le journal La Lotta di classe a été déclaré l'organe officiel du Parti; on a nommé le nouveau Comité directeur. « Ayant ainsi coupé sa queue, le Parti ouvrier italien, il faut l'espérer, pourra maintenant marcher d'un pas résolu àla conquête des pouvoirs politiques, sans s'engager ni se compromettre avec •1es autres partis, bourgeois ou anarchistes, qui en avaient jusqu'ici arrêté les mouvements. )> Voici, maintenant, le programme voté par le Congrès ouvrier italien. Attendu: Que, par suite du régime social actuel les hommes sont forcés de vivre en deux classes séparées, d'un côté les tt-availleurs exploites, de l'autre côté les capitalistes, détenteurs et monopolisateurs des richesses sociales ; Que le prolétat·iat est furmé par les salariés des deux sexes, qut>llesqu'en soient la profession et la situation, et qui, par suite de leur assujettissement économique, se trouvent dans un état de misère, d'infériorité et d'oppression; Que tous les hommes, pourvu qu'ils coopèrent, suiYant leurs forces à créer et conserver les bienfaits de la vie sociale, ont le même droit à en jouir, surtout au point de vue de leur sùretc sociale; Attendu: Que les organisations économico-politiques aujourd'hui existant, p1·otégées par le système propriétaire actuel, représentant la prédomination des monopoliseurs des richesses sociales et naturelles sur la classe ouvrière ; Que les travailleurs ne pourront jamais obtenir leur émancipation que par la socialisation des instruments de travail (sol, mines, fabriques, moyens de tt·ansport, ete.) et l'orga11isation sociale de la production ; Attendu: Que le but final ainsi indiqué ne peut être atteint que par l'action du prolétariat OJ·ganisé en parti de dasse, indépendant de tous les autres partis, se manifestant soit : l' Comme lutte professionnelle, corporative en vue d'obtenir des améliorations immédiates dans la situation des travailleurs (durée de travail, salaires, règlements Je fabriques, etc.), lutte qui doit être engagée et soutenue par les Bourses du Travail et pa1· les organisations professionnelles ; soit; 2° Comme lutte plus large en vue d'arriver à la conquête des pouvoirs. publics (état, communes, administrations publiques, etc.), afin qu'ils ne soient plus comme aujourd'hui des instru~ents d'oppression et d'exploitation,

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