LUNDIS SOCIALISTES 345 Le gowuernement provisoire de la République Française s'engage a garantir l'existence de l'ouvrier par le travail. Il s'engage à garantir dii travail à tous les citoyem. Il reconnaît que les ouvriers doivent s'associer entre eux pour jouir d1t bénéficelégitime de leur travail. La promesse ne fut pas tenue et juin s·ensuivi!, mais les socialistes même les plus modérés, n'ont jamais cessé de réclamer la mesure salvatrice. Nous n'en voulons pour preuve que les récentes propositions de Camille Raspail, de Millerand et de Mesureur à la Chambre française. En repoussant ces propositions la majorité parlementaire a voulu accorder un semblant de satisfaction par le Conseil Supérieur du travail et par l'Office du Travail qui ne sont qu'un dérivatif illusoire et la question reste pendante. Les Etats-Unis ont créé un tftfmistère du, 'fravail qui n'est, à vrai dire, qu'un office de renseignement et de statistique. Nous voulons plus et selon nous le &ù,istère d1i 'Travail devrait avoir une tâche autrement vaste. C'est d'abord Office de législation industrielle et de statistique, il devrait être en même temps le Ministère de l'organisation du travail. Comme Office de législationindustrielle le Ministère du Travail aurait pour tâche en premier lieu de dresser un tableau comparatif de cette législation dans les différents pays, proposer une amélioration des lois actuelles et travailler à l'établissement d'une législation internationale de travail à laquelle sont déjà favorables les gouvernements Suisses, Allemands et Autrichiens. En second lieu le Ministère du Travqil devrait veiller et pourvoir à la rigoureuse application des lois actuelles en s'employant sans cesse à les internationaliser et à les complèter. Le Ministère ne devrait pas s'en tenir à la lettre sur cette matière, il devrait instamment s'efforcer de remplir le rôle d'arbitre dans les différents centres travailleurs et capitalistes et prévenir ainsi la plupart des conflits. Viendraient ensuite diverses intromissions de détail, comme par exemple la réorganisation du travail dans les prisons, question poignante s'il en fut et pour l'industrie libre indignement concurrencée et pour les condamnés, affamés, exténués, pressurés par des adjudicataires sans conscience. Le Ministère du 'Travail mettrait fin à ce triste état de chose, en prenant de concert avec le Ministre de la Justice, des mesures du genre de celles-ci : Création de nombreux pénitenciers agricoles ou coloniaux devant absorber au moins les trois quarts des condamnés; Reprise par l'administration de la direction directe du travail ;
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