LUNDIS SOCIALISTES 339 mais ces sociétés ,ne reposent que sur l'arbitraire patronal on ne peut rien fonder sur le bon vouloir des privilégiés, toute l'histoire en témoigne, et le peu d'empressement du patronat contemporain à fai_rela part du feu le confirme irréfragablement. Pas plus que la prévoyance individuelle, la prévoyance coopérative ne dépasse le rayon de que)ques intérêts particuliers. L'assurance universelle, c'est là une trop lourde tâche pour l'initiative individuelle dans une société hérissée de tant d'inégalités, obscurée de tant d'ignorance: où l'influence du pain quotidien et l'insécurité du lendemain est le triste lot du plus grand nombre : l'assurance est 1w service d'ordre social, il ny peut être pourvu que socialement. Quant aux coalitions, seule arme du prolétariat, elles sont, en somme avantageuses ; mais elles gagneraient à être organisées inter- <:orporati vemenl pour être toujours conformes à la justice et aux inté-· rêts bien entendus de la classe ouvrière. En tous cas, elles ne sont qu'un phénomène du salariat, et le but - auquel elles ne peuvent contribuer directement - doit être l'abolition du salariat. En résumé un des grands torts des coopérateurs avait été de s'enfermer dans le cercle étroit de l' Aide-toi exclusif, qui ne saurait à à lui seul avoir raison de l'ignorance, des iniquités et de la misère ; ma:isinon r.noins répréhensibles avaient été les socialistes en rabaissant, en con_1battant même quelquefois les tentatives coopératives. De même, encore une fois, que seule l'initiative individuelle serait impuissante, l'action plus puissante des pouvoirs publics ne pourra être véritablement bienfaisante que si elle est secondée par les libres efforts collectifs d'un prolétariat familiarisé avec les difficultés administratives des organisations politiques et économiques. A ce titre, véritable école de pratique industrielle et commerciale,- .Ja coopération, est une excellente préparation aux réformes sociales qu'il s'agit d'arracher aux pouvoirs publics. En un mot, coopérateurs et socialistes sont des militants de la même œuvre novatrice et justicière; les travaux des uns, les luttes des autres se complètent mutuellement, et leur union hâterait le jour, désiré par tous, de l'émancipation humaine. Au congrès coopératif international de Paris en 1889 ont été, par le coopérateur socialiste belge Demblon, prononcées les paroles 5uiyantes: Les vastes élucidations d'une sociologie strictement déduite de toutes les sci-ence$ ne permettent plus de croire perfectibles en elles-mêmes les institutions sociales existantes. Une transf9rmation, qui s'esquisse déjà, sortira graduellement du ·stade actuel, avec une rigoureuse logique, comme du bouton la fleur. C'est bien cela; il ne s'agit pas seulement, comme l'ont cru trop.- de coopérateurs, de tâch~r. d'améliorer _les coi:iditions présen.tes par
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