LES GRANDS FIEFS MODERNES 331 comment nos voisins les Anglais ont fait respecter leurs intérêts et leurs droits de citoyens libres. • En Anglete;rre, les monopoles de droit ont t.oujours été refusés, et lorsque les sociétés gazières en se liguant ou p:i.r tonte autre cause ont tenté d'établir des monopoles de fait, les contribuables ont protesté,et, constamment soutenus par les autorités locales, ils ont obtenu du Parlement des lois spéciales pour les protéger. L'industrie du gaz n·y est pas moins prospère. A Londres, une égale répartition des charges des services publics P.stproportionnellement établie sur tous les habitants.Il n'y existe pas comme à Paris cette situation équivoque qui fait de la Municipalité l'associée des exploiteurs.Les communes exploitent franchement, et dans l'intérêt général de tous les contribuables, les usines à gaz (1). L'on n'y connait pas cet impôt déguisé sous forrne de participation aux bénéfices du gaz et des eaux, impôt illégal et impartial, qni fait supportP.r aux seuls consommateurs, c'est-àdire dans l'espèce à la classe productive de la cité composée des travailleurs de toutes catégories, la totalité des charges des services publics dont les rentiers et les oisifs bénéficient le plus. A Londres, en 1810comme en 1822,de simples autorisations de canaliser les sous-sols de la.voirie publique ont été accordées aux Compagnies gazières. (1) En Angleterre, il y a 173 exploitations communales contre 405 faites par des compagnies .. Ces exploitations communales (en 1889) possèdent un capital de fr. 627.372.382 et livrent à la consommation plus d'un tiers du gaz consommé : 867 millions contre 1.6&7 millions de métres cubes livrés par les Compagnies, Il en est qui ne font pas payer le gaz servant à l'éclairage public, et d'autres qui le livrent au prix de revient. Ce prix est inférieur à celui des Compagnies, en moyenne, 10 centimes, contre 10,8 centimes. Leur prix de vente est également plus faible, en moyenne, centimes 13,9, contre centimes 15,3. L'année précédente ces prix étaient de centimes 13,2 contre cent. 15,7. Enfin, les b~néfices ont été, en moyenne et par mètre cube, de centimes 4 pour Jes exploitations communales, et de centimes 6. .5 pour celles des Compagnies. Bruxdles, en exploitant elle-mê'me son gaz, réalise des bénéfices de 34 %, n'a rien à payer pour l'éclairage public et livre le gaz aux .particuliers à 14 centimes le métre cube pour l'éclairage du• soir et à 13 centimes pour celui du jour. En Autriche et en Allemagpe, il y a également des usines municipales exploitées. avec succès, Berlin a la sienne. Le gaz se vend 20 centimes dans cette• dernière ville, 21 centimes à Vienne, 10,5 centimes à Londres avec un pouvoir éclairant supérieur de 2.5 % à celui de Paris, à Plymot)th il èst livré à 7,9 cèntimes. • En Allemagne, dans 3.5 villes, il est vendu de 19,7 à 14,7, et dans .53 villes de 14, 7 à 9, 7 centimes,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==