LES GRANDS- FIEFS ~lODER:-iES 323 l'éclairage et du chauffage, domaine auxquel on ajoute subrepticement un for,t beau lopin à peine exploité, celui de la force motrice. Et, tout cela est con~idéré comme si bien acquis par la compagnie, que si, en 1905, fi u de la concession actuelle, la Ville veut, en conformité avec le droit que lui confère le traité actuel, -entrer en possession de la part d'actif de la compagnie lui revenant, {toute la canalisation et moitié de l'actif mobilier et immobilier) il lui faudra rembourser toutes les dépenses à résulter des qharges dont la compagnie a l'habileté de se débarrasser aux dépens des bons contribuables Parisiens, remboursement qui ne sera pas moindre de onze cents millions de francs, plus d'Un milliard. Oh ! mais, rassurons-nous, braves contribuables de 1892, -cette carte n'est· à payar quen 1905 - C'est à cette époque que se trouve reuvoyée la liquidation de la petite opération - Nos Ediles laissent à leurs successeurs le soiu d'opter entre les <ieux termes du dilemne : Rembourser à la compagnie plus de Un milliard de francs, ou lui abandonner à perpétuité le priviH,ge de l'éclairage, du chauffage. et de la force motrice. Si les contribuables de cette époque récriminent, on leur fera la réponse dPjà stéréotypée: « 1ous sommes liés par nos prédécesseurs. '> .... Le prélexte à cette jolie combinaison est une perle. On dit: Les consommateurs ont droit à une réduction de prix, nous allons l'opérer. Et on l'opère effectivement mais en la faisant payer par la Ville et en attribuant en échange à la compagnie les avantages énormes ci-avant énum6rés. Un moyen bien simple existe pourtant pour donner aux -consommateurs la satisfaction qui leurs est dùe (voir la première partie Des Grands fiefs modernesi. Puisque 110sEdiles sont résolus à faire payer par- la Vill!:lle dégrèvement de prix du gaz, qu'ils l'opèrent directement sans faire interveuir la compagnie, sans lui rien concéder. Ils sont en droit de le faire et ils le pel!- ven t, rien qu'en y a affectant la mème part d'actif à revenir à la Ville en 1905 qu'ils affectent à l'opération faite de concert avec la Compagnie. Le dégrèvement fait directement par la Ville ne lui coûterait. pas un centime de plus et la soustrairait à l'obligation de racheter à la compagnie les nouveaux avantages qu'elle lui concède au prix de Onze cent millions de francs, alors que le dégrévement de prix ne coûtera, d'après !'~valuation officielle, que 183 millions.
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