La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE La moindt'e conséquence fâcheuse pour la ville serait de l'obliger à pt'oroger en 1905 le monopole de la compagnie de vingt-cinq nouvelles années en faisant disparaitre du traité actuel les quelques clauses favorables aux consommateurs, ce qui équivaudrait à une concession à perpétuité avec les Girconsstances aggravantes suivantes: le prix du gaz serait indéfiniment établi au double de sa valeur, les Consommateurs seraient privés du bénéfice des progrès à venir et la Ville perdrait tous se~ droits à la reprise de cette exploitation. Un autre effet de ce projet serait de consolider et de légalisrr les bénéfices acquis par la Compagnie, nous avons vu comment, de donn·er une plus grande extension à ses privilèges, de la mettre en état de vaincre toutes concurrences et d'étouffer tous progrès qui viendraient à se manifester sur son domaine de « traités antérieurs n·a été préjudiciable à la Compagnie du Gaz ; c'est toujours la Ville u qui a été lesée. » <, La conclusion toute naturelle qui semble se dégager de l'étude à laquelle nous <l venons de procéder, c'est que les t, ai tes avec la Compagnie du Gaz, qui ont donné u tant de mécomptes, reposent sur des bases telles qu'ils ne sont pas modifiables. » ,, Sans vouloir élever à vingt années de distance des récriminations inutiles, nous « croyons po:ivoir dire que, dans toutes les ncgociations engagées à diverses époques « avec la Compagnie du gaz, les interêts de la Ville ont été insuffisamment sauvegar- <• des, et qu~ toutes les modifications apportées au traité original de 1855 ont tendu à « aggraver les conséquences du monopole de la Compagnie. » 1< Quand on dira au public que, sans vouloir tenir compte ni de la concurrence de « l'électr:cité, ni de celle du pétrole, la Compagnie veut prendre pretexte de l'abaisse- « ment du prix du gaz - abaissement payé par la Ville - pour consolider ses divi- « dcndes les plus élevés, il comprendra très difficilement de telles pretentions. » Dans la séance du 21 fevrier 1883, M. Narcisse Leven lors de la discussion d'un projet analogue, disait encore aux applaudissements du <:onseil municipal : u Je demande au Conseil la permission de simplifier et de préciser ce débat, de le « dégager des digressions et des hypothèses dans lesquelles l'administration et les « defenseurs du traité se sont complus. » <• Le traité soumis à notre examen avait eté l"objet de critiques très vives ; il avait <\ d'autre part eté defendu avec talent par !"administration. Pour nous, nous lui repro- " chions d'ètre une aggravation des traites anterieurs. Si je vous faisais l'histoire de a ces traité, vous verriez que chacun d'eux a, en effet, aggravé le precédent. ( Très bim ! << Ires bien !) " cr Yous verrie,. que le traité de 1870 vaut moins que le traité de 18.5.5et que « celui d'aujourdï1ui vaut moins que celui de 1870. » « Qu'avons nous reproche à la convention qu'on nous proposait il y a huit mois ? « Nous lui avons reproche de prolonger le monopole, de le consolider, de diminuer les « charges de la Co-npagnie et d'augmenter ses avantages. >>

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