318 LA REVUE SOCIALISTE 1827, on avait accordé à tous les électeurs le droit d'être jurés, et, .au fur et à mesure que l'électorat s'était étendu, le nombre des citoyens portés sur les listes du jury avait augmenté les deux fonctions paraissant inséparables. Tout alla bien tant qu'on n'eût pas le suffrage universel. Mais l'électorat changea de caractère en 18-:18et dev.int un droit accordé indistinctement à tous. Le même -changement s'introduisit dans la législation sur le jury. cc Voilà .sur quel misérable mensonge est échafaudé tout le rapport. M. Desjardins feint d'ignorer qu'on était électeur à 21 ans et qu'on ne pouvait être juré qu'à 30 ans sous le régime du décret de 1848. Il l'avait dit lui-même quelques lignes plus haut; mais ses collègues ne demandèrent qu'à être endoctrinés, ils n'eurent garde de vérifier ses allégations. C'est lui encore qui, examinant les inconvénients du décret <le 18-:18,disait: « Là où les passions politiques dominaient, on fut disposé à faire disparaître les noms de ses adversaires.» - Ses .adversaires, à lui, étaient les neuf dizièmes des citoyens de trente ans, jouissant de leurs droits civils et politiques. - Et ailleurs: cc Il est toujours regrettable d'établir des catégories. )> - Il excluait tous le~ ouvriers, ce qui ne l'empêchait pas de dire: cc N'est-il pas plus rassurant pour l'opinion publique que les jurés puissent être pris indistinctement dans tous les rangs de la société ? cc Il y a des lois qui ont chassé les jésuites. Quant à M. Albert Desjardimi, il enseigne officiellement le droit à la Faculté de Paris, il est chargé de former l'esprit de nos futurs législateurs. Encore un mot pour montrer à quel sentiment a obéi l'Assemblée nationale en faisant la loi de 1872. Le rapporteur, clans un moment de franchise, fut forcé de reconnaître que c'était une loi politique : cc Nous croyons que, parmi ceux qui défendent ledécret <lu 7 aoflt 18-:18i,l y en a beaucoup qui n'ont d'autre raison pour le faire que la pensée qu'avec ce décret les délits de presse les plus manifestes et les plus coupables peu-vent être commis impunément. Et ce qui est de leur part une raison de soutenir le décret nous paraît, à nous, un motif de l'abroger. )) On commettait un délit de presse dans ce temps-là en écrivant dans un journal. cc La lèpre dévorante du clergé », ou en prenant la défense de cc ces doctrines abominables qui à la face du ciel, se font honneur de nier la divinité, la spiritualité et l'immortalité de l'âme. )) (Discours de M. Lacombe, O,ffiàel du 15 novembre 1872). Dans le même ordre d'idées, M. Jean Brunet proposait d'exclure de la liste des jurés tout électeur qui, par profession ou déclaration, refusera de croire en Dieu. La commission repoussa l'amendement comme inutile. cc la procédure tout entière de la cour d'assises étant placée sous 1~ patronage de la divinité. »
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