LA REVUE SOCIALISTE « Le mode de production et d'appropriation capitaliste a été la première négation de la propriété privée, basée sur le propre travail de son possesseur. Maintenan_t, cette négation s·annihile elle-même, et elle pousse au rétablissement de la propriété indii.:idudlf,, mais sur la base de l'acquisition de l'ère capitaliste, notamment sur la base de la coopération des travailleurs libres, posséclant la terre et les moyens de production en commun. « La transformation précédente de la propriété privée morcelée et reposant sur le travail de son possesseur, était infiniment plus longue et plus difficilè que la transformation du capital privé, mais déjà b:isé, en fait, sur un mode social de travail, en propriété collecti Ye. « Lit, il s'agissait de l'expropriation des masses populaires par quelques usurpateurs; il s'agit maintenant de l'expropriation de quelques usurpateurs par la masse du peuple. » Il estJtSsez piquant de constater que le pontife de l'économie bourgeoise, M. Paul Leroy-Beaulieu, décrit, lui aussi, presque de la même façon, le phénomène de l'absorption <.lupetit commerce, de l'artisanat et de la petite industrie, par le capitalisme. (Il lah;se de côté le paysannat, et nous verrons tout à l'heure pourquoi ! ) « La petite industrie, le petit commerce supportent difficilement la concurrence de l'industrie et du commerce concentrés. Ce dernier fait est constant et général. Il tient à des conditions naturelles que l'on peut atténuer par des efforts intelligents, Hans les fait-e entièrement disparaître : l'économie des frais généraux, q uan<l ils sont distribués sur une grande production ou sur un grand nombre de ventes ; les progrès industriels, le perfectionnement des machines, qui exigent pour l'exercice de chaque industrie un plus grand outillage, par conséquent de plus fortes aYances de capitaux; les moyens d'information, de propagande par la Yoie des annonces, des en vois de prospectus ou cl 'échantillons, sont tous auissi à l'avantage du grand commerce; il en est de même <.lesmoyens de transport qui, d'abord, offrent des prix relativement plus faibles pour les grosses expéditions que pour les moindres, et qui, en outre, permettent à quelques nstes magasins, installés au centre du pays, de faire rayonner leurs produits sur tout le territoire et même à l'étranger. Ces puissantes maisons peuvent se passer des marchands en gros, des courtiers, des commis-voyageurs; elles parlent aux yeux par leurs magnifiques étalages d'objets variés, par leurs prospectus enluminés ou leurs échantillons, Les bazars renaissent ainsi au centre des villes, suivant la. coutume orientale. Les progrès administratifs, tels que l'amélioration du service postal et du service télégraphique, la diminution du prix
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