212 LA REVUE SOCIALISTE füm première et indispensable de la rénovation sociale et de la conquête du bonheur par l'amour et la justice.» Après ce substantiel discours également fort applaudi,- Magalhaës Lima, au nom des Républicains et des socialistes portugais, a bu à l'union des races latines et insisté pour que le plus grand nombre possible de Français prennent part, le 12 Octobre, à Madrid, aux fètes du centenaire de la découverte de l'Amérique et au Congrès international de Libre-Pensée. - << L'Europe latine doit être le noyau de la République « universelle. Ce sont des Latins, les Espagnols qui jadis ont agrandi « l'horizon géographique; ce sont des Latins, les Italiens qui, à la « Renaissance, ont agrandi l'horizon philosophique, littéraire et artis- ,< tique; ce sont des Latms, les Français qui, au dix-huitième siècle « et à la Révolution ont repris, agrandi et développé la tradition <, humaine et païenne. Libre-Penseur, Républicain, Socialiste, telles <( sont les trois qualités auxquelles se reconnaissent les hommes vrai- <( ment émancipés. » Mme Cheliga-Loœwi a clos la série des toast, en saluant le programme socialiste qui est le seul à proclamer l'égalité des sexes et à réclamer l'émancipation de la femme. Enfin, voici l'allocution prononcée par MM. Charles Bourget, rédacteur de la Revue Moderne : << Mesdames, messieurs et chers camarades, - Je suis heureux de « trouver ici, parmi vous, l'asile nécessaire au développement d'une « doctrine, à la diffusion de principes chers à plusieurs, à nous surtout « les jeunes que les idées de justice et d'humanité ont toujours pas- « sionné et que révoltent les conventions hypocrites et les stériles pro- << pos d'une génération qui s'en va finissant. L'ère que vous avez créé, <, Messieurs les Socialistes, l'expansion généreuse des théories prati- <i ques des améliorations sociales, le mouvement international d'intel- << lect, de progrès, de revendications raisonnées et nécessaire, a sus- « cité vis-à-vis de vous un courant de sympathie, de reconnaissance, « que les bfoéficiaires de l'œuvre.dans vingt ou dans cinquante anscom- « prendront et béniront. J'aurais voulu m·étendre davantage, vous « dire combien nous sommes avec vous, nous les nouveaux, les épris « d'art, de littérature socialistes, vous dire combien nous vous som- « mes reconnaissants pour le devoir tracé, les résultats acquis, corn- « bien nous nous sentons disposés à marcher sur vos trace. à parfaire « l'œuvre en train ... J'aurais voulu vous dire tout cela en le dévelop- « pant, n'était-ce l'attristant et douloureux événement que vous con- « naissez tous, n'était-ce la disparition de ce pur artiste, de ce grand « apôtre, de cet affamé d'idéal, de justice et d'amour que fut Clade!... « Laissez-m:>i en passant saluer et glorifier sa mémoire et p:>rter la « santé de son ami, si méritant, M. Benoit Malon, dire::teur de la « R::me Soci.1/iste, et bJire à ses zélés et vaillants collaborateurs. »
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