LE QUATRIÈ::\IE BANQUET DE LA (( REVUE l) 239 En tout cas j'y serai avec mon cœur - a,·ec tout mon cœur - en dépit du ,·erdict, quel qu'il soit, du jury bourgeois qui doit me juger. Et je vous serai reconnaissant si, au milieu de rntre banquet, une pensée amicale fleurira pour l'Italie socialiste qui regarde vers la France socialiste - vers votre France - comme vers une sœur aint:e et qui, quoique venant la dernière, fait maintenant tout ce qu'elle peut, je vous l'assure, pour l1âter le pas et vous rejoindre dans le chemin glorieux de l'émancipation humaine. A vous tous et en commun idéal. Dévoué et recûnnaissant, Filippo TuRATI, Directeur de La Critica Sociale, Secrétaire international du Tl'avail pour l'Italie. Après avoir, aux applaudissements de l'assistance, donné communication de ces adhésions, RoÛanet a retracé, avec un rare bonheur <l'expression, l'historique de la 'I(evue Socialiste, depuis sa fondation, -c'est-à-dire depuis bientôt neuf ans. Il a établi une très heureuse corrélation entre le mouvement ascensionnel du socialisme et le progrès de la Revue Socialiste. Celle-ci a fini par conquérir une place des plus honorables aussi bien dans le monde savant que dans le monde politique, où son intervention, pour être modeste, n'en a pas moins eu une certaine efficacité. Le passage où Rouanet a parlé de la tolérance et de la courtoisie réciproques que se doivent des contradicteurs et même des adversaires a été particulièrement applaudi. En effet, depuis sa fondation, la 'I(evue Socialiste, dont l'importance économique et politique va sans -cesse grandissant, n'a jamais manqué de donner l'exemple de la modération de ton et de l'impartialité la plus large. Enfin, le toast que Rouanet a porté, en terminant, à Benoit Malon et à Rodolphe Simon a été souligné d'une façon très significative par les applaudissements unanimes et répétés de toute l'assistance. Après lui, M. Georges Renard, l'auteur de l'lnjiuwce de l'antiquité .classique, de l'homme est-il libre? des Princes de la jeune critique, de la France contemporaine, de la Co,iversion d'André Savenay, était tout désigné pour rendre le s·uprême hommage à Léon Clade!, aussi bien par sa compétence littéraire que par les liens d'amitié et la communion <le pensée et d'aspiration qui le rattachaient au grand mort que tous pleuraient. Et en écoutant les paroles émues de M. Georges Renard, je songeai~ que lui aussi n'avait jamais été du côté du manche, et qu'il avait payé de huit ans d'exil et d'une absence qui se prolonge à Lausanne ses sympathies pour la Commune et ses affirmations socialistes.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==