La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

206 LA REVUE SOCIALISTE LEBANQUDEUTLIEUTENANT MIZON ET LEGUET-APEDNESBAC-LÉ En juillet dernier, le 9, je crois, dans les salons de !'Hôtel Continental, se donnait une brillante fète en l'honneur du lieutenant Mizon. Sous le féérique étincellement des lustres, autour d'une table ,décorée avec une parfaite élégance, se pressait une compagnie nombreuse. disparate, seulement pour le vulgaire qui n'apprécie les évènements et les hommes qu'au travers des bruyantes criailleries de la politique et des commentaires plus ou moins intéressés de la presse bourgeoise et conservatrice. li y avait là ministres, amiraux, généraux, .académiciens ; les dolmans doré~., les tuniques chamarrées, faisaient ressortir le lamentable des habits que ne parvenaient p;is à égayer les rubans, les croix et toute l'officielle ferblanterie solennellement exhibée pour la circonstance. Citer des noms serait inutile, on a pu les voir s'étaler le lendemain par les colonnes des journaux. li suffit de rappeler que la longue guirlande des invités allait de M. Cavaignac au prince Henri d'Orléans en passant par Yves Guyot et Jules Ferry. On était, en un mot, entre gens de b0nnes manières, entre gens très bien, comme dirait M. Constans lequel, nous ne savons pour quelle cause, n'assistait pas à ce banquet; absence des plus regrettables, car M. Constans n'eut manqué, pour employer l'expression consacrée, de rehausser l'éclat de la fète, surtout s'il eut arboré la très précieuse et rutilante ceinture, souvenir d'Orient. Avec les discours, Mizon, qui depuis quelques jours se voyait acclamé, chroniqué, interwievé, photographié, s'entendit décerner par tous les orateurs des éloges enthousiastes, que justifiaient d'ailleurs pleinement l'heureuse issue de sa mission et les admirables qualités qu'il a su montrer au cours de son accomplissement. Il était tard et -d'aucuns chuchotaient déjà des mots de séparation, lorsque M. Jules

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==