200 LA REVUE SOCIALISTE ces du moment, Et après avoir constaté que le traditionalisme révolutionnaire est particulier à la France tandis que le socialisme grandit dans tous les pays civilisés. Il nous faut ajouter que le perfectionnement des armements, le prodigieux accroissement des protestataires, Je caractère international et plus exclusivement économique de9 revendications, espérances que peuvent faire concevoir les premières victoires électorales socialistes changent du tout au tout, en France comme ailleurs, la situation et la font propice aux tentatives réformistes. Autrefois c'étaient des partis qui se disputaient le pouvoir ; ils devaient s'imposer par la violence; aujourd'hui ce sont les prolétaires, la grande majorité de la population, qui réclament une plus juste organisation sociale et, en attendant, la diminution de leurs maux·. Etant le nombre. ils peuvent se passer de l'action révolutionnaire qui fait toujours tant de victimes et qui,en mettant les choses au mieu-x est toujours suivie d'une terrible crise de transition, période de misère générale, pendant laquelle tout le monde souffre et qui, par les découragements, les apeurements qu'elle suscite est favorable aux réactions inexorables. L'action révolutionnaire a d'autres inconvénients ; elle n'est efficacement possible qu'à certains moments de crise assez rares dans l'histoire des peuples, tandis que l'intervention réformiste est toujours de saison. C'est pourquoi nous, qu'on a vu le fusil au poing en des ~ jours tragiques, nous avons dit à plusieurs reprises dans 1a: Revue Socialiste : Sacho11sêtre revol11tio1111aiqreusand les c1rconstancesl'exigent; 111aisoyonsréfor111istetsoujours. C'est le meilleur, le plus humain et le plus sûr, car pendant que nous discutons sur les bienfaits futurs de la révolution incréée, l'engrenage industriel broie ses viclimes, sans autrement se soucier de ceux qui protestent par des malédictions impuissantes et par des menaces vaines. En effet, devait-on en l'occurence attendre patiemment qu'une insurrection victorieuse ait pu se produire ou que le développement· fatal du système capitaliste produise les excès qui en amèneront la destruction, en poussant à leurs dernières limites la spoliation de.la bourgeoisie et l'affamement du prolétariat? Ce serait un peu long et les victimes des iniquités sociales ont peut-être le droit de se retourner sur le gril de leurs tourments et de réclamer des améliorations immédiates, sans préjudice des intégrales transformations futures qu'il serait par trop chanceux d'attendre d'une heureuse circonstance révolutionnaire qui peut fort bien ne jamais se présenter: la crise actuelle n'a pas qu'une issue. . Les socialistes marxistes, tout en ne croyant pas plus que nous que l'on peut faire des révolutions· à époque fixe et arrêtée d'avance, reprochent aux socialistes réformistes de vouloir, par la graduelle socialisation des monopoles, mettre une formidable puissance économique en-
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