188 LA REVUE SOCIALISTE En outre, la Compagnie, ayant fait observer que l'extension de sa canalisation pour le service des communes annexées allait l'astreindre à des dépeuses pouvant réduire ses bénéfices,deman- <lait deux choses: que ses bénéfices actuels lui fussent garantis par la Ville et que l'autorisation de porter son capital-action de 55 à Si millions lui fut accordée. • Les ..... ua'ifs négociateurs de la Ville acquiescèrent à cette demande. Il est bon de rappeler, pour l'édification de notre génération, <:omment cela se fit: la Compagnie était tenue d'abandonner à la Ville à dater de 1872 la moitié des bénéfices de l'exploitation .générale, nos édiles consentirent à ce qu'au préalable la Compagnie fit un prélèvement égal au 10 % de son capital en actions réellement émises et libérées (article ô, paragraphe 3, du traité du 25 janvier 1861.) 'ous soulignons ces derniers mots, car cette libéralité déjà difficile à justifier est devenue une chose sans nom par nous ne savons quelle puissance occulte. Le capital primitif de la Compagnie était bien de 55 millions; mais 40 millions se trouvaient représentés par une majoration - la valeur que les fondateurs avaient attribuée à l'apport qu'ils avaient fait de leurs traités avec la Ville de Paris - le ~apital en actions 1·éellerne11témises et libérées n'était donc en réalité que de 15 millions, qui, joints aux 29 millions à émettre en portaient l(' total à 44 millions de francs. AJO %, le prélèvement devait dooc être fixé à 4.400.000,il fut -établi à 8.400.000 avec une majoration de 4.000.000 francs. Pourquoi ces 45 annuités de 1860 à 1905 qui, capitalisées à 5 %, équivalent à 638. 800. 000 francs, ont-elles été consenties? -Les archives de la Ville sont muettes à ce sujet. Pourquoi encore la Compagnie fut-elle autorisée à joindre .à ce prélèvement celui des sommes nécessaires à l'amortissement du capital qui n'était pas prévu dans le traité originel? - Nul ne le dit. - La Ville perd ceptmdant, de üe chef, une somme égale à la moitié du capital qui est actuellement de 305.550.639 francs et doit encore progresser. Cela ne s'arrêta pas là! Quelques années après, en pleine période Hausmanienne, en 18ïü, la Ville engagée dans de grands travaux de voirie et ne voulant pas recourir à un emprunt public, s'entendit avec la Compagnie. Cette dernière consentit à .avancer de trois années le moment de la participation de la Ville aux bénéfices et à ne pas réclamer une somme de 2.H33.906 fr. que la ville lui devait pour parfaire les 10 ¾ de bénéfice qu'elle lui avait garantis.
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