La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

lï4 LA REVUE SOCIALISTE <le quelques privilégiés, les concessionnaires des monopoles <f exploitation des grands services publics. Ils en trou vont la raison dans les errements administratifs, s'insurgent et protestent. Des comités de résistance s'organisent. Les consommateurs. las d'être exploit&s, se mettent en grève. De tous les points du territoire, Var, Bouches-du-Rhone, Rhone, Nord . .Meurthe-et-Moselle, etc., des délégations viennent objurguer le gouvernement et le Parlement de soustraire les populations à l'exploitation des puissantes coalitions de producteurs assez riches pour conquérir toutes les influences. Ces électeurs, ces contribuables, protestent contre l'interprétation abusive faite de la loi en faveur de ces groupements -capitalistes, par certaines municipalités, par les grands corps de l'Etat, voire même par les offices ministériels. C'est bien le moins que des citoyens français puissent se pla- -cer sous l'égide des lois, correctement interprétées, alors que les Anglais ont obtenu, à diverses reprises et chaque fois que le besoin s'en est fait sentir, des lois spéciales pour les préserver de la rapacité des grandes compagnies gazières. Dès 1820, la Chambre des Communes a mis un frein aux -convoitises de ces compagnies. Elles demandaient que chacune d'elles fut autorisée à distribuer le gaz dans un quartier déterminé et, malgré l'avis favorable d'une Commission spéciale, cette autorisation leur fù t refosée. Lorsque quarante ans plus tard, vers 1860, les Compagnies londoniennes s'entendirent entr'elles pour se répartir d'un commun accord les différents qnartiers de la Ville et se créer ainsi un monopole de fait, le Parlement vota des lois d'exception pour soustraire les consommateurs aux abus pouvant résulter de cet.te entente. Le résultat en est que les Anglais paient trois fois moins cher un gaz qui est beaucoup plus éclairant, sans être assujettis à une foule d'obligations onéreuses comme le sont les Parisiens. Et qu'on ne vienne point invoquer la différence de l)rix des charbons, attendu qu'à Paris la valeur de ces charbons est couverte par celle des sous-produits de la fabrication, tandis qu'à Londres elle ne l'est que pour les trois quarts. La rai~on de cette situation priv-ilégiée de nos voisins, est toute entière dans l'attitude de3 contribuables anglais. Trop fiers de leur liberté pour la laisser aliéner, ils ont résisté énergiquement à l'implantation des monopoles. Chaque fois que leurs intérêts ont été menacés par l'entente des producteurs. en 1820, 1817, 18û0, 18ï6, 1883 et plus récemment encore, leurs protestations ont ét«!bien accueillies par les pouvoirs publics.

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