La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

172 LA REVUE SOCIALISTE Océan, on ferait faire son portrait en moins d'une seconde, et par le soleil encore, qu'ou irait de Paris à Marseille en quinze heures, à Berlin en vingt-quatre, à Pétersbourg en quarante-huit, qu'il y aurait des machines merveilleuses, accomplissant avec rapidité et au centuple tous les travaux des faibles mortels, ces grands guerriers auraient fait jeter à la porte le mauvais plaisant et auraient couru passer une revue, pour se remettre dans leur bon sens. Et cependant toutes ces choses sont arrivées, et bien d'autres arriveront encore. Le plus étrange, (et le faux prophète de Moltke ne pouvait -s'y attendre), c'est que lui-même, en militarisant les nations, en ayant été le plus grand promoteur des institutions guerrières modernes, se trouve être au premier rang de ceux qui ont, involontairement bien entendu,rendu la guerre impossible: c'est un effet de la loi du contact des extrêmes. N'importe, il paraît que, déclarer la guerre, qui a pour hut le meurtre, le pillage et la dévastation, est un principe d'ordre; qu'Attila, surnommé le ft,éau de Dieu, est un homme d'ordre et .accomplit l'œuvre de Dieu, tandis qu'Augute, en fermant le temple de Janus et en assurant au monde la paix romaine, pendant cinquante ans, fut un homme de désordre; c'est fort, très fort, et il faut être un rnde guerrier pour oser l'affirmer en plein soleil. Edouard DE PoMPERY.

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