168 LA REVUE SOCIALISTE LAGUERRTEUERLAAGUERRE En préparant scientifiquement la guerre, les nations civilisées vont à la paix. Elles y marchent inconsciemment et par l'absurde; mais on sait qu'en mathématique le raisonnement par l'absurde est invincible (l). En effet, e11 militarisant toute une nation, on la ramène à ses origines, où la guerre est à l'état endémique. L'homme n'est qu·un guerrier et n'est que cela. Le sauvage et le barbare, chasseur, pasteur, sans industrie, sans culture, peuvent 'Seprêter à cette situation violente, sans trop d'inconvénients. Mais il en va tout autrement. lorsque les nations sont parvenues à la grande industrie, avec un outillage et des machines, représentant plus de millions de travailleurs qu'elles ne comptent de bêtes, une accumulation de produits et de richesses considérables, alors que le barbare enferme toute la sienne dans un coffre ou un paquet, porté à dos d'âne ou de chameau. Toutes les conditions de la vie moderne sont incompatibles avec la guerre. Cela est sensible, puisque l'état civilisé est basé sur la production .et l'état de guerre sur la destruction et la dévastation.Aussi, l'homme moderne répugne-t-il naturellement à la guerre. Il ne peut s'y résoudre que contraint, forcé, et sous l'empire des circonstances les plus impérieuses. (1) Parlisans outranciers de la paix, nous voudrions partager l'optimisme de notre cminent collaborateur de Pompery; mais nous craignons bien que les épouvantes de la guerre future ne soient pas un frein suffisant pour les monarques, leurs sicaires et pour les chauvins enragés. LA RÊDA(;TION
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