La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LE ~IORCELLE~IE:-i'f 727 et qui semblc:remonter au X[Y• siècle, a maintenant complètement disparu. Celui d'aujourd'hui ne « rebèchc pas la nuit au clair <le lune un enclos qu'il a bèché tout le jour:>'. (:--;onv. Diction. <l'Economie politique, art. Morc:ellemeiit, p. 302, col. 1, lig. 4.G.).Rebècher cc que l"on a déjà. bèché une fois c·est remonter à la surface l'herbe 011 le fumier q11·onavait d"abord enfoui, c·est défaire le premier travail. Il ne se trouve en France aucn n laboureur capable d'une telle à.ncrie. J\f. de Foville ajoute encore, d'après les Pensees de rabbé Roux, qne le paysan« se prive moins de jouir quïl ne jouit de se priver » et nous annonce q II ï l sera le pl ns ferme défenseur de rétat de choses actuel, non par crainte d'ètre dépossédémais parce qu'il ne voudra pas recevoir davantage, ce qui supprimerait pour lui cette jouissance de la privation. Si le paysan se prive c·e-t parce qu'il sait combien l'année est longue pour les pauvres gens et qu·après les moissons et les YCn<langcsviennent les longs mois où les provisions s'épuisent sans qu'il soit possible de les renouveler. Mais le pay an que no11sconnaissons, que no11sfréquentons n·cst pas plus le dilctlantc de la privation de !"abbé Roux que le travailleur incohérent de ?II. de Foville. Il connait ses besoins et par là mème ses intérêts. Comme l'ouvrier au sortir de !"atelier il lit son jo11rnal, soit pendant les veillées de !"hiver soit pendant les méridicnnP.s de !"été. Délivré en grande partie par la troisième République de l'oppressiou cléricale, son esprit s'est émancipé et se porte lentement mais d'autant plus sùrement vers les idl'.•esnoll\·elles et si .M. de Foville compte sur lui pour résister à ce qu'il appelle: <• lesassauts d11nihilisme démagogique», il risque fort dr se tromper. Kos campagnes comptent aujourd"hui plus de socialistes que n'en comptaient les villes au moment où f11técrit son ouvrage. H. TEULJJ'.:.

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