716 LA REVUE SOCIALISTE Il ne faut donc pas condamner les grèves, ni ceux qui les organisent, puisque c'est là actuellement le seul moyen de défense pour les populations salariées. Nous attendions mieux de la part de ~1. de Boyne, qui aura certainement de la peine à nou» faire admettre que le meilleur socialiste, le plus dévoué à la -cause ouvrière est M. Léon La:v ou !IL Wadington. Beaucoup <le travailleurs ont le mauvais goût de préférer les Blanqui, les Varlin, les Delescluze (pour ne parler que des défunts). On a discuté longuement ensuite de l'assistance par le travail. Il est certain que pour remédic-r aux maux les plus urgents, il y a quelque chose à faire. La charité faite dans la rue, devant la porte, sans soin, sans enquête préalable risque forJ de favoriser uniquement certains fainfants audacieux et de laisser mourir de faim l"honnête homme digne et fier. L'assistance par le travail nous parait, en effet, une des combinaisons les moins mauvaises. Remarquons, cependant, qu'elle constitue une concurrence faite à l'industrie privée. Yous soulagez quelques malheureux à qui vous donnez du travail : mais, par contre, vous faites <liminuer le chiffre d'affaires de l'industriel d'à côté, lequel industriel congédiera quelques-uns des ouvriers qu'il emploie. En un mot, vous donnez du travail à dix hommes; mais quelques jours après dix ouvriers précédemment occupés seront .expulsés de l'atelier et tomberont dans la misère. La situation .est inextricable, le problème de la misère est insoluble sans une transformation communiste ou collecliviste de la société. Ces mots vous choquent certainement; l'armée des sans-trovriil augmente peu ù. peu, les périodes de chômage -croissent dans chaque industrie ainsi que j'ai essayé d'en donner un commencement de preuve (Souteneurs et Soutenus, Revue Socialiste, janvier 1892). Kous arriverons au clou (si Oil veut nous passer cette -expression irrespectueuse) du vnlume du Gongri,s de Marseille. Il s'agit de la lutte contre la Pornographie et des actes de la Ligue pour le relèvement de la moralite publique. La moralité publique semble en effet avoir grand besoin d'être relevée: -expluilations patronales de plus Cil plus cyniques, oppression politique des ouvriers. (Exemple: votre ami et coreligionnaire Schneider du Creusot), putréfaction morale des Chambres, des ministres, vastes filouteries financières (demandez à ce sujet quelques renseignements à M. Secrétan, protestant orthodoxe, ancien directeur dn Comptoir d'Escompte et du Syndicat des -cuivres), étalage insolent de la puissance de l'argent, guerre impitoyable faite aux faibles et aux petits quand ils sont syndi4ués, égoïsme croissant, criminalité on voie d'augmentation au
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