La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LA DÉPOPt:L.\ TION DE LA FRA:S-CE 67 ~ous voilà donc, semble-t-il, acculés au fond du problème sans en pouvoir sortir. Il est clair que si, comme on l'enseigne dans toutes les chaires officielles d"économie, la propriété individuelle, génératrice de la stérilité volontaire, tend incessamment, depuis la Rr~volution de 89, ù s·accroitre; si, notamment, la ])()lite propriété de pl us en plus absorbe et di out la grande; si, en un mot, le nombre des paysa11s-propriétairC>s, loin de diminuer, augmente : comme c'est préci ément dans cette difiu ion de la petite propriété que git la eau e essentielle de notre dépopulation; c'en est fait, le terrible phénomène va suivre son cours, en s'accélérant, et, il ne nous reste plus qu'ù calculer le temps, - pas bien long: un siècle ou un siècle et demi - que nous avons à vivre comme nation. La fin de la France ne serait plus qu·une affaire de jours. Et rien ne pourrait conjurer la funèbre échéancP. Est-ce là notre ort? Sommes-nous irrt'.•vocablement voués ,l la dissolution nationale; soit qu·avant le terme, affaiblis, agonisants, nous soyons dépecés tout virnnts et partagés entre les peuples forts, soit qu·on nous laisse mourir de notre belle mort, attendant qu'il n·y ait pins un Français en France pour s'emparer d'un territoire vacant et sans maitre, par suite appartenant an premier occupant'? Oui, si la petite propriété, capitaliste 011 foncière, doit sul>-- .sister dans sa forme actuelle; Xon, si elle se tran ·forme ou si elle di parait. Quel est donc, au vrai, !"état de la propriété en France? Yoilà cc quïl faut examiner. Henri ArnEL. (La fi.n cm prochain 1111n1fro.J

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