La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

602 LA RE\'IJE SOCIALISTE ::'\ous consacrcron,; iL cc dernier travail,qui traite d'une ques1ion très importante et bien actuelle, quelques pages d'analyseet de discussion. La Chambre des députés ne tardera probablement pas it s'en occuper. li importe donc de préciser les idées. M. Burdcau discute d'abord les points suivants: La Bnnq11e de F,·ance doit-elle l;li·e Banque d'Etat ou Banque privée? Le système de la liberté et de la multiplicité des Banques d'émission parait condamné à cause de la diversité des billets, de la difficulté considérable pou1· le public de reconnaitre ces billets et d'rn apprécier la rnleur. L'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, et m<'.•meles Etats-Unis (malgré des apparences contraires) sont arrivés peu iLpeu ù l'unité de billet et à l'unité de Banque. Espérons mèmc que nous verrons bientôt succéder au billet de Banque national, le billet unique international. Les relations, lc::1échaugcs, en seraient crd.ainement facilités. Après les conventions postales et télégraphiques internationales, un systi.•mc de monnaie fiduciaire internationale constituerait un progrès matériel, mais surtout un progrès moral, en aidant à rompre les vieille:; distinctions de patries et en farnrisant de façou indirecte la fusion de l'Europe en une fédération d'Etats solidaires. L'unité de Banque d'émission ne samait être contestée par <lessocialistes conscients du but à atteindre. Ou ne peut non plus combattre par de solides raisons la rn.'.·cessitéd'une intervention de l'Etat en maticrc d'émission de monnaie fiduciaire. Battre monnaie a toujours été une de· attribution~ du pouvoir souverain. La Banque qui règle le taux de l'escompte et qui émet des billets ù une telle importance ponr la marche du commerce, pour la prospérité publique, que la livrer à quelques pariiculicrs ce serait livrer à ces particuliers le sort des affaires du pays. L'Etat doit-il non pas seulement contrôler la Banque, mais, suiYant la proposition Dumay et l'opinion du parti socialiste, être seul mailrc de la Banq ne de France? M. Burdcau combat cotte idée. Son premier argument relatif à l'inquiétude que Je crédit pourrait concevoir par la substitutiou d'un billet nouveau, émanant de l'Etat, à l'ancien billet avantageusement connu, ne tient guère debout et ne vaut pas nue réfutation en règle. Car le Crédit de l'Etat est le plus. solide de tous. (Exemple, les trois milliards et plus confiés aux Caisses d'Epargne) ; la substitution des billets se ferait sans peine, car le public aujourd'hui plus éclairé qu'au milieu du siècle a perdu le souvenir des assignats. Dans une discussion très bien conduite, le député du Rhône-

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