LUKDIS SOCIALISTES ôî3 l::,core devons-nous ajouter que dans tout cela il ne s'agit guère que de droit à l'existence par le travail. Comme nous sommes loin des revendications communistes de la pléïade dont Morelly fut le chef, et combien loin même des échappées fulgurantes de Rousseau (Discours sur l'i11égalitédes Co11ditio11s); de Brissot de Varwille (7?._<!cbercpbeilsosopbiquessur le 'lJroit depropriété); de Volney (Les 7?..11i11es); de SaintLambert (Pa11tba111ios); de Necker (La liberté dn commercedes grains); du marquis d'Argenson (Co11sidéralio1s1usr le gouvememwf de la Fra11ce); de l'abbé de Saint-Pierre (Projet de paix perpétue/le) ; de Condorcet (Tablean desprogrès de l'esprit lm111ai11) ; de l'abbé Raynal (Histoirepbilosopbique des De11x-bides); de Mercier (l'A,, 2240 el /'Ho11111d1efeer); de Boullanger (Le Despotis111Oerie11tal); d'Helvétius (De l'Homme et de soit éducatio11); de Linguet (La théoriedes lois c1v,les), etc. Parmi les militants des clubs révolutionnaires, peu nombreux également, furent ceux qui demandèrent que la révolution ci,·ile et politique qui s'accomplissait fùt complétée par une révolution sociale telle d'assurer le bien-être universel. Quand nous aurons cité Claude Fauchet, Jacques Roux. Chalier, Anacharsis Cloots, F. Boissel, les égalitaires de la grande Commune de Paris et Saint-Just, nous n'aurons, pensons-nous, oublié personne. Les mesures économiques du gouvernement contre l'effroyable misère qui décimait le peuple français et le peuple de Paris, n'eurent pas non plus un caractère socialiste bien prononcé. Les chantiers nationaux de Montmartre, du Champ de Mars, du quai de la Rapée, etc., ne furent qu'une dérision, ainsi que mon ami Jean Bernard l'a démontré en sa substantielle et si intéressante : Histoire anecdotique de la 7?...évolutiofr1a1 1çais,1. On ne sut même pas se servir d'un puissant élément qu'on avait entre les mains: les '73iensnationaux. lis auraient dû être affermés ou confiés temporairement et gratuitement aux cultivateurs pauvres, ils devinrent la proie des spéculateurs. On ne peut trop considérer comme socialiste la taxation des denrées alimentaires, connue sous le nom de loi dn 11u. 'Ci11111111; elle fut imposée par la dépréciation des assignats. Une bonne loi sur l'instruction publique, une loi meilleure encore sur l'assistance publique reconnaissant à tous les Français le droit à l'existence par le travail procuré s'ils sont valides, par la solidarité sociale s'ils sont invalides. Voilà presque à quoi se réduit l'actif socialiste de la Convention. Mais qui oserait parler de mauvais vouloir? Ces hommes qui électrisèrent la France, au point de la rendre victorieuse, de la réaction européenne coalisée et qui laissèrent presque tous leur vie dans la titanique et glorieuse bataille; de tels combattants ne pouvaient pas oublier que la Révolution avait appelé tous les hommes à l'émancipation, qu'elle était la plus grande réveilleuse • 43
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