üTO LA REVUE SOCIALISTE soit répété plus.-souvent: « vous an rez enfin à juger,proclamait-il dans son manifeste, cette société capitaliste, qui concentrant de plus en plus dans ses mains fainéantes les moyens de production, industriels et agricoles, multiplie le nombre des prolétaires sans propriété, les transforme en machines à profits, eux, leurs femmes et leurs enfants et prétend payer sa dette aux producteurs ainsi dépouillés de leurs produits avcc le bureau de bienfaisance et l'hôpital. Yous aurez à dire s'il vous convient de continuer à aller de salaires de famine en chùmages, produisant tout et manquant de tout, plus épuisés dans vos muscles de travailleurs libres qne les esclaves d'aukcfois; ou si, au contraire, comprenant que la science a tellement multiplié les moyens de productions, qu'il y a place aujourd'hui pour le bien-être de tous, et qu'il ne s'agit pour cela, que de socialiser les forces productives, vous ètes décidés à faire un premier pas dans cette voie libératrice, en affirmant par le triomple du Parti ouvrier, le prochain avènement de l'ordre nouveau. >> Oui, il est indispensable, pour la naissance de cet ordre nouveau que les aspirations vraiment collectivistes péuètrent profondément dans les masses ouvrières et fassent échec d'autant à l'indi vidnalisme à outrance qui s'exhale du désordre de la société <:apitaliste. Une semblable transformation a encore du chemin à parcourir, car si le prolétariat dans son assaut contre la bourgeoisie, accomplit tout à fait une action d'ensemble, un -effetessentiellement général, il n'en est pas moins vrai qu'au poiut de départ de cette union de combat, se trouve pour chaque prolétaire un désir individualiste : le bonheur ou le bien-être à <:onquérir pour soi-même.Mais cc bonheur à conquérir pour l'individu, est un désir d'une incompressible persistance, tant il se trouve profondément naturel; il contribue du rest.e à rendre le mouvement ouvrier tout aussi invincible que lui-même, eton ne peut songer à l'extirper. Ce qu'il faut, c'est empêcher que ce désir ne recherche pour l'avenir des satisfactions qu'ont rendues enviables les mœurs antagonistes de la société capitaliste, et ses aspirations infécondes en solidarité. Etsi,jusqu'à présent, le désir indi vidualistP. de l'ouvrier ne peut espérer se satisfaire qu'au moyen de la résistance commune de la classe ouvrière contre la bourgeoisie, il est indispensable quc l'espérance de la satisfaction par la communauté se prolonge au-delà de la résistance actuelle, aille jusqu'à l'alliance dans la reconstruction générale; en un mot, il faut que le désir de chacun ne voie sa réalisation -que dans une future collectivité. Avec des tendances collccti vistes aussi accentuées.on n'aurait
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