La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

REVUE DES LIVRES 637 REVUEDES LIVRES Œuvres diverses de G. Tridon, ancien reprAsentant du peuple, ancien membre de la Commune de Paris, 1 rolume, Jean Allemane, éditenr, 51, rue St-Sau\'eur. Ce ,1olumn était depuis longtemps attendu. La réimpression de La Force dans la Revue Socialiste, l'étude pieusement amie de notre cher et savant collahorateur le docteur Albert Regnard, avaient donné à beaucoup à qui Tridon fut rhélé par ces travaux, le désir de le connaitre mieux. Nous rnnons de lire avec une joie si profonde ce volume qu'il faut remercier Jean Allemane d'a\'uir édité a,•ec tant de soins. Plus d'une fois, nous a,·ons tre~sailli aux viriles aposfrophes d'un homme nourri de la moëlle des Iions, inspiré des plus nobles colères, et nous nous sommes demandé comment et pourquoi toute une jeunesse avait tant tardé à répondre à de si véhéments appels. - Entendra-t-on aussi aujourd'hui plus qu'hier ce cri de la logi,1ue révolutionnaire, cette réhabilitation d'un groupe calomnié indignement par la bourgeoise histoire et qui fut cependant la plus sincère personnification du prolétariat en lî93. Hébert, Chaumette, Anarcharsis Clootz ont été trop longtemps les boucs émissaires de la Rholution. On les a accusé de tous les crimes, de toutes les hontes ; on les a chargé de tous les ridicules. Sincères, honnêtes, instruits ils ont en réalité lutté pour le Droit sans autres armes que la Raison et la Science. lis n'ont pas été assez babi1es peut-être! Comme tant d'autres il n'ont pas posé pour l'histoire - ils ne sont que plus admirables en leur foi brutale, ils ont été les fidèles soldats de la Révolution, celle dont Tridon trace un si vigoureux portrait. « La Révolution n'est pas cette tragédienne élève de Talma, si savante à débiter des tirades classiques ; cette statue de marbre au profil grec sous un bonnet bien posé, à la blanche tunique \'Ïerge de souillures : tant de sérénité, demande du loisir et des rentes. Celle qui surgit un jour sous le pied du peuple, comme le coursier de Neptune, c'est toujours la forte femme d'Auguste Barbier, la sauvage héroïne des barricades, fixée par Delacroix sur son admirable toile du Luxembourg, c'est la fille fougueuse

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