La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

û:28 LA REVGE SOCIALISTE corps, lrs yeux égarés mangent la t<\toqui roule elle-mème dans 11110 mer de sang, tandis que des fantasmagories ailées planent dans uu azur jaune, et qn'uno muraille giganlesquc s'ouvre, pour laisser un trou monstrueux, qui est un œil symbolique. Nous ne blàmons point l'idéalisme; il 'ouvre un vaste champ à lïmagination ; à laquelle la réalité brise parfois les ailes. :Maisnous blàmons le manque de mesure et d'harmonie qui produit des œuvres étranges et non belles. De plus, pénétrer de parti-pris dans le domaine du délire, et des images confuses, pourrait parfaitement amrncr le cerveau ù.se déséquilibrPr. Que les idéistcs purs y song-rnt, et introduisent dans leurs œu,Tcs un peu de réalisme; elles en seront plus stables. Dans la nature les brumes de la pensée ou do l'atmosphère estompent le réel sans le dénaturer. Point n'esl besoin de chercher l'idéal dans un mysticisme outré, dans des abstractions incompréheusibles: le brin d'herbe qui frémit gons la brise, l'enfant qui sonril à la nature, la penséequi s'envole vers les absents ou les morts, la sympathie qui unit les êtres, l'imagination saine dont les riantes images éclairent la Yic, le souvenir qur la fait renaitre, l'espérance qui l'embcllil sont les sources fécondes où l'on doit puiser ses inspirations, en même temps qu'il l'aide de la science et de l'observation consciencieuse do la nature. A l'issue de cette voie large et f('.•conden, ous trouverons certainement le vrai et le juste, et si nous avons l'étincelle, le Beau. Puisse cetle vision pure, lumineuse et fière comme la libertédont elle est fille, se dessiner en pleine lumière, sans être terniepar des reflets indignes d'elle. GERVAISE,

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